Présentateur emblématique du service public, Laurent Delahousse a révélé se faire violence depuis de nombreuses années.
Silhouette incontournable du paysage audiovisuel français, Laurent Delahousse a su imposer une griffe bien à lui dans le traitement de l'actualité. Après des débuts marqués sur LCI ou encore M6, tout bascule en 2006 lorsqu'il fait son entrée sur France 2. D'abord doublure de David Pujadas à la messe du soir, il séduit très vite le public et prend définitivement les commandes des journaux du week-end. Grâce à sa voix posée, son allure soignée et sa bienveillance naturelle, il parvient à se faire une place dans le cœur de millions de foyers. Mais le journaliste ne s'arrête pas au plateau. Passionné de grands formats, il façonne des rendez-vous aujourd'hui cultes comme la franchise 13h15 ou la fresque biographique Un jour, un destin.
Le journaliste sans concession sur son métierTout roule côté professionnel pour Laurent Delahousse. En effet, depuis de nombreuses années, il continue de répondre aux attentes des téléspectateurs. Mais comme tout grand professionnel du secteur, ce dernier ressent parfois cette pointe de frustration inhérente au métier. Cette envie irrépressible d’en dire plus et de bousculer les lignes d’un cadre très réglementé.
Invité sur le plateau de C à vous, le journaliste originaire du Nord n’avait pas manqué de dire ce qu’il pense du 20 Heures. Selon celui qui dirige un restaurant, ce qui fait encore toute la grandeur et la spécificité de la grande messe du soir, c'est son devoir de réserve et son impartialité absolue. “Le journal de 20 heures est sacré, entre guillemets. C’est un rendez-vous institutionnalisé depuis très longtemps qui est devenu un rendez-vous pour les Français qui a un gage de responsabilité et d’équilibre”, a-t-il confié.
Laurent Delahousse exprime le fond de sa penséeFace à la déferlante d'experts autoproclamés qui commentent tout et n'importe quoi sur les plateaux, Laurent Delahousse choisit sciemment de faire vœu de silence sur ses propres idées. À une époque où le compagnon d'Alice Taglioni s'est largement teinté d'opinion, l'animateur revendique la pudeur de sa fonction. “On est rentrés dans un journalisme d’opinion aujourd’hui. Sur les plateaux de télévision, il y a des gens qui vous parlent du Covid, de la guerre en Ukraine, de l’âge du Premier ministre, et puis d’autres choses encore. Nous, on se doit d’être en retenue”, avait-il expliqué.
Un exercice de haute voltige qu'il s'impose depuis plus de quinze ans. En effet, le journaliste fait tout pour brider ses réactions instinctives et ravaler ses analyses personnelles. Et ce, afin de garantir une neutralité irréprochable à l'antenne. “Je ne peux pas exprimer mes opinions sur un plateau de télévision. C’est absolument impossible. Ça fait quinze ans que je me retiens”, avait-il lâché.
“C’est aujourd’hui compliqué d’exercer un métier qui est celui de journaliste”En toute franchise, Laurent Delahousse ne cache pas que ce devoir de réserve absolue ressemble parfois à un frein dans son métier. Un “handicap” professionnel qu'il s'impose pourtant à chaque prise d'antenne. Toutefois, il existe des personnes qui décident de ne pas s’aligner à cet exercice d'impartialité. C’est notamment le cas du regretté Jean-Pierre Pernaut, qui avait réussi le tour de force d'imposer ses billets d'humeur et ses coups de cœur.
Par contre, les autres préfèrent suivre le rythme imposé par le métier. “C’est aujourd’hui compliqué d’exercer un métier qui est celui de journaliste, mais, compte tenu de ce statut du journal de 20 heures, de ne pas pouvoir parfois exprimer ses opinions”, a conclu le journaliste.
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