La décision visant la chroniqueuse des médias de Vincent Bolloré n’est pas accueillie de manière unanime au sein du parti d’extrême droite.
Politique 30/07/2026 17:54 Actualisé le 30/07/2026 21:41
Après l’arrêté d’expulsion de Xenia Federova, le Rassemblement national ne sait pas sur quel pied danserLa décision visant la chroniqueuse des médias de Vincent Bolloré n’est pas accueillie de manière unanime au sein du parti d’extrême droite.

XAVIER GALIANA / AFP
Accusée d’être une « propagandiste » du Kremlin, la chroniqueuse russe Xenia Fedorova est visée par un arrêté d’expulsion en France. (Photo by Xavier GALIANA / AFP)
Une dissension de plus ? Accusée d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » pour « déstabiliser l’ordre public » en France, la chroniqueuse pro russe Xenia Fedorova s’est vu remettre mercredi un arrêté ministériel d’expulsion. Si cette annonce a été très largement saluée au sein de la classe politique, elle l’a été de manière beaucoup moins unanime chez les élus du Rassemblement national.
« Les positions de cette dame ne sont pas celles du Rassemblement national », a affirmé ce jeudi 30 juillet le député RN Thomas Ménagé interrogé sur franceinfo. « Si les services de l’État ont considéré qu’elle ne devait pas rester sur le sol français, c’est qu’elle a répondu aux critères », a-t-il précisé, même s’il dit espérer la « même célérité pour expulser » des « délinquants étrangers sous OQTF, d’autres pays, notamment Algériens ».
« Deux poids, deux mesures »Même son de cloche sur Sud Radio, où Julien Odoul, autre député RN, a commenté « une bonne décision » du gouvernement, mais dénoncé un « deux poids deux mesures » face aux expulsions de délinquants étrangers.
Pour le maire RN de Fréjus David Rachline, « les OQTF visant des délinquants dangereux restent lettre morte. En revanche, pour expulser une voix dissidente, l’État sait faire preuve d’une efficacité remarquable », explique-t-il sur X.
Des approbations plus que mesurées qui n’ont rien d’étonnant puisque le parti d’extrême droite prend systématiquement la défense des médias de Vincent Bolloré lorsqu’ils sont dans la tourmente.
Mais leurs réactions n’en rappellent aussi pas moins les liens avec la Russie, dont s’est souvent vu reprocher le Rassemblement national, comme dans un rapport parlementaire le décrivant en 2023 comme sa « courroie de transmission » en France.
Le cas MarianiUne proximité que le Rassemblement national rejette avec force, mais qui semble bien réelle lorsqu’on lit la réaction de l’eurodéputé RN Thierry Mariani, connu pour ses voyages en Crimée occupée, et sa bienveillance non dissimulée à l’égard de Vladimir Poutine.
Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, le candidat aux dernières élections municipales parisiennes s’en prend au gouvernement « qui va peut-être enfin réussir à faire taire l’une des rares voix dissonantes dans la presse française qui ne répétait pas le récit officiel autorisé sur le conflit en Ukraine ». « En attendant, la liberté d’opinion recule ! », ajoute-t-il.
Le groupe Canal+ dans lequel est salariée en CDI Xenia Fedorova, avait aussi vivement défendu la chroniqueuse estimant dans un communiqué qu’il s’agit « d’une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions ».
Ancienne patronne de la chaîne d’État russe RT en France, Xenia Fedorova, 45 ans, est chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et le JDNews, médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. La polémique à son sujet s’était enflammée fin mai, après un article du quotidien Le Monde qui lui prêtait une influence grandissante sur l’homme d’affaires.