Plusieurs plaintes vont être déposées « ce jour » et viser notamment le mouvement de La France Insoumise.
Culture 23/07/2026 07:45 Actualisé le 23/07/2026 18:52
Plusieurs plaintes vont être déposées « ce jour » et viser notamment le mouvement de La France Insoumise.
Barbara Butch va déposer plainte ce jeudi 23 juillet à l’encontre de La France insoumise pour provocation à la haine et à la violence, a annoncé son avocate Me Audrey Msellati, sollicitée par l’AFP, cinq jours après l’interruption du concert de la DJ à Grenoble par des militants propalestiniens et Insoumis.
Plusieurs plaintes vont être déposées « ce jour » et viser notamment le mouvement de La France Insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d’extrême droite OMERTA et l’essayiste Alain Soral, a précisé Me Msellati. « Barbara Butch, et sa société Butch Events, déposent plainte » ce jeudi, a indiqué son conseil dans un communiqué, évoquant « des faits susceptibles de constituer, notamment, les délits de provocation publique à la haine et à la violence, violences aggravées, entrave à la liberté de création artistique, cyberharcèlement aggravé, diffamation et injure publiques aggravées ».
Invitée sur franceinfo ce jeudi matin avec son avocate, l’artiste française de 45 ans s’est d’abord confiée sur son état. « Là j’en sors, mais j’ai eu un tel choc que je ne pouvais plus bouger pendant des jours. Je ne souhaite à personne ce que j’ai vécu, même pas à mon pire ennemi », décrit-elle au sujet du concert interrompu à Grenoble le week-end dernier. « J’ai dissocié pendant le concert, jusqu’à ce que ma sécurité soit en jeu. J’ai eu extrêmement peur », ajoute la DJ.
Au micro, elle confirme bel et bien le dépôt de deux plaintes à venir. « Une plainte contre X devant le parquet de Grenoble pour délit d’entrave concerté aux libertés, l’autre devant le parquet de Paris, pour provocation à la haine et à la violence, visant le parti et des élus LFI, étant donné que les sections locales n’ont pas de responsabilité juridique », explique-t-elle.
« On va laisser la justice voir qui est responsable de tout ça », a tenu à souligner Barbara Butch, tandis que son avocate a estimé que « la violence a dépassé une limite ». Des précautions indispensables selon elles, d’autant que d’« autres appels à boycott ont eu lieu dans l’Yonne avant un concert prévu samedi soir ». Barbara Butch a toutefois prévu de s’y rendre « la tête haute » pour « rétablir un dancefloor où les gens s’aiment, un endroit apolitique pour danser, chanter et rire ensemble ».
La ministre « très choquée » selon Barbara ButchCes derniers jours, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon peine à répondre aux critiques. Interrogée sur franceinfo au sujet d’« éventuels contacts avec le parti LFI ou des élus » après l’interruption de son concert, la DJ dit n’en avoir eu aucun. Me Msellati en a d’ailleurs profité pour condamner les propos du coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard en évoquant des « propos aberrants pour justifier les actions contre Barbara Butch ». Lundi, au micro de franceinfo, il avait dit « comprendre qu’une position politique puisse générer une protestation, à condition qu’elle soit pacifique », avant de condamner « s’il y en a eu », les insultes « absolument inacceptables ».
La musicienne a par ailleurs confié après sa rencontre avec la ministre de la Culture Catherine Pégard mercredi que cette dernière avait été « très choquée par ce qu’il s’est passé ». À ce stade, la DJ précise ne pas avoir de protection policière, même si le sujet est sur la table.
Samedi soir, son concert à Grenoble a été interrompu au bout d’une vingtaine de minutes en raison d’une action de militants propalestiniens et LFI répondant à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise des Insoumis. La mairie avait alors fait état de « jets de bouteilles en verre » et autres projectiles « visant délibérément la scène » lors du passage de la DJ. Le parquet de Grenoble avait ouvert dès mardi une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés ».
Ces militants lui reprochaient sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël et d’avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », contestée et retirée depuis. La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a reconnu mercredi sur BFMTV que le tract distribué par des militants Insoumis était « mauvais » et a condamné insultes et jets de projectiles. Mais « il n’y a pas d’antisémitisme dans nos rangs », a-t-elle insisté.