Plus de 60 000 marocains sont arrivés dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Espagne, en l'espace de quelques jours. Un afflux massif d'une ampleur inédite, avec environ 200 migrants qui arrivaient chaque minute, selon...
l'essentiel Plus de 60 000 marocains sont arrivés dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Espagne, en l'espace de quelques jours. Un afflux massif d'une ampleur inédite, avec environ 200 migrants qui arrivaient chaque minute, selon une estimation du président du gouvernement local, Juan Jesus Vivas. Et pourtant, un acteur reste toujours silencieux, le Maroc.
C'est une crise migratoire comme l'Espagne n'en a jamais connu. Depuis deux jours, quelque 60 000 personnes sont arrivées sur le sol de l'enclave espagole de Ceuta, située sur la côte nord du Maroc. Madrid, l'Union européenne, plusieurs acteurs sont impliqués dans cette crise migratoire sans précédant. L'un d'eux manque pourtant à l'appel, Rabat, qui n'a toujours pas pris la parole sur cette situation indédite.
"On les a laissés passer"Auprès de l'AFP, Ignacio Cembrero, journaliste spécialisé dans les questions migratoires en Afrique du Nord, explique : "Les forces de sécurité marocaines restent les bras croisés. Pour atteindre la digue qui marque la frontière entre Ceuta et le Maroc, il y a des cordons de police et de forces auxiliaires, et il est évident qu’on les a laissés passer". Alors que de nombreux pays européens ont pris la parole en soutien à l'Espagne, le Maroc reste silencieux. Aucune annonce de Rabat, aucune déclaration.
Pour le spécialiste, cela peut s'expliquer par le fait que le Maroc voit en cette crise un potentiel moyen de pression. Depuis son indépendance en 1956, le pays revendique la souveraiaté de Ceta et Melilla, mais l'Espagne refuse catégoriquement toute négociation. Selon plusieurs analystes, les crises migratoires à répétition et le supposé laxisme des forces de sécurité marocaines constituent des moyens de pression diplomatique. Pour Ignacio Cembrero, "les autorités marocaines y ont vu une occasion de forcer l’Espagne à négocier l’avenir de ces villes".
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L'arrivée par voie maritime, le maillon faible d'une loi espagole récenteEn Espagne, une décision rendue le 8 juillet dernier par la Cour suprême prévoit le renvoi immédiat d’un migrant sans ouverture préalable d’une procédure administrative d’expulsion ne s’applique pas aux personnes arrivées par voie maritime. "Il ne fait aucun doute que l’arrêt du 8 juillet a joué un rôle", soulève Ignacio Cembrero.
De plus, de nombreuses rumeurs ont enflé sur les réseaux sociaux ainsi que sur des plateformes très utilisées par les jeunes, comme Discord. "J'étais à Tanger, où je travaillais. Je me suis réveillée le matin et j'ai entendu dire que le poste frontalier de Sebta de Ceuta, avait ouvert à 22 heures", a raconté Fatima Zahra auprès de l'AFP, une jeune Marocaine qui souhaitait partir car elle travaille "dans des conditions épouvantables".
Un instrument politique majeurCe qui est certain, c'est que cette crise a suscité de nombreuses récations, et a été rapidement politisée par une partie de la droite et de l'extrême droite internationale. Donald Tump affirmait ce jeudi que cela ressemblait à "une invasion", estimant que les États-Unis feraient face au même scénario si les démocrates reviennent au pouvoir. "Souvenez-vous de cette image. Ce sera nous dans trois ans si le mauvais camp l’emporte", a déclaré le président américain auprès d'une journaliste de la chaîne américaine conservatrice Fox News.
En France, les réactions ne sont pas non plus fait attendre. François-Xavier Bellamy, député LR, a affrmé sur X que "Le gouvernement espagnol annonce un plan de régularisation massive. Conséquence logique : alors qu’il a déjà reçu plus d’un million de demandes, des milliers d’étrangers forcent aujourd’hui sa frontière à Ceuta".
— Fx Bellamy (@fxbellamy) July 30, 2026Le gouvernement espagnol annonce un plan de régularisation massive. Conséquence logique : alors qu’il a déjà reçu plus d’un million de demandes, des milliers d’étrangers forcent aujourd’hui sa frontière à Ceuta.
Ce n’est pas seulement un problème pour l’Espagne : c’est un…
Dès jeudi soir, l'Italie avait déclaré vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen. Rome a ainsi annoncé la fermeture des frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne. Ce vendredi 31 juillet, la Finande a annoncé soutenir Georgia Melloni dans cette décision majeure. Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a quant à lui écarté l’idée d’une sortie de l’Espagne de cet accord européen : "L’Espagne n’a pas à quitter la zone Schengen, il n’en est absolument pas question", a-t-il déclaré ce samedi.
Cette arrivée massive de migrants dépasse largement celle de mai 2021, lorsque environ 12 000 migrants avaient afflué à Ceuta en quelques jours. Ce vendredi en fin d’après-midi, le ministère espagnol de l’Intérieur a cependant précisé que plus de 48 000 personnes arrivées à Ceuta avaient d’ores et déjà quitté l’enclave pour retourner au Maroc. Le bilan s’est élevé samedi matin à 67 morts, dont beaucoup de noyades