La 17e épidémie qui frappe aujourd’hui la RDC et l’Ouganda a fait au moins 200 morts. ...
À l'issue du sommet du G7 à Evian (Haute-Savoie), les pays les plus puissants du monde ont publié, mardi 16 juin, un long communiqué pour assurer de leur mobilisation contre cette fièvre hémorragique qui ravage le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), et dans une moindre mesure l'Ouganda voisin.
Le même jour, l'Union africaine annonçait la mobilisation de 910 millions de dollars suite à une réunion en visioconférence d'une dizaine de chefs d'État et de ministres du continent. Une rencontre à laquelle n'a pas participé le chef de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi qui a affrété un avion pour assister à Huston (états-unis) au match de la Coupe du monde de football de l'équipe congolaise !
En un peu plus d'un mois, cette 17e épidémie d'Ebola en RDC en 50 ans (la première apparition de la maladie date de 1976), a fait plus de 200 décès confirmés.
Ces annonces de fonds à venir ne rassurent que moyennement les professionnels de la santé qui œuvrent sur le terrain et qui n'ont cessé, depuis des semaines, d'alerter le monde sur la dangerosité de la nouvelle épidémie.
Ebola en RDC: une épidémie sans vaccin, des groupes armés et une défiance populaire"Bien sûr, l'annonce de financements pour endiguer l'épidémie est positive. Mais les dirigeants du G7 se félicitent de reprendre une aide qu'on n'aurait jamais dû arrêter", constate Louis-Nicolas Jandeaux, chargé de plaidoyer pour Oxfam, cité par Libération.
"Les pays du G7 ont coupé l'année dernière 48 milliards de dollars de leur aide au développement", rappelait Alan Anic, également chargé de plaidoyer à Oxfam, lors d'une conférence de presse à Paris, à la veille du sommet du G7 d'Evian.
Deux interventions parmi d'autres qui rappellent les coupes claires dans l'aide au développement menées par les pays donateurs, dans la foulée du démantèlement de l'USAID dès le début du second mandat du président Donald Trump.
Accélération des transmissionsCe vendredi, depuis la ville de Bunia, située dans la province du Nord-Kivu, Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences de l'OMS en Afrique, a expliqué : "la situation évolue rapidement, avec une transmission accélérée signalée dans 33 zones sanitaires touchées réparties dans trois provinces", avant d'ajouter "la situation reste grave et continue d'évoluer. Cependant, la riposte se renforce de jour en jour".
Pour appuyer la riposte de la RDC, l'OMS a déployé plus de 115 experts dans les provinces et zones sanitaires touchées et acheminé plus de 110 tonnes de matériel d'urgence.
Ebola en RDC: le pic reste à venir, l'épidémie pourrait durer un anLa capacité de réponse a été renforcée, a indiqué Mme Belizaire, avec désormais 516 lits disponibles pour la prise en charge des patients et une capacité de dépistage dépassant plus de 2 000 tests par jour.
"Ebola free"Si l'épicentre de l'épidémie se situe dans la province de l'Ituri, un peu plus au sud, c'est la zone contrôlée par le mouvement AFC/M23. Une rébellion qui gère des pans entiers des territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Des territoires qui sont aussi touchés par l'épidémie. "Nous ne vivons pas en vase clos", explique Freddy Kaniki, haut cadre de la rébellion et épidémiologiste formé aux États-Unis qui a pris en charge la réponse contre la maladie dans les "territoires libérés".
"Aujourd'hui, nous sommes Ebola free. La dernière patiente et la cohorte des cas suspects ont quitté la quarantaine où ils étaient depuis 21 jours", explique ce vendredi M. Kaniki qui met en avant "le travail effectué avec des moyens très limités. Les aides annoncées, ce ne sera pas pour nous. Pour répondre à la crise, on a décentralisé le service de diagnostic pour être le plus proche des malades éventuels", poursuit-il. Une stratégie qui a permis de limiter le temps la découverte d'un cas suspect et l'analyse de l'échantillon. "On a aussi travaillé étroitement avec la population et des relais communautaires. On a encore beaucoup communiqué. Il fallait que les gens nous alertent dès qu'il y avait un doute. On a investigué toutes les alertes. Aujourd'hui, on respire mais on sait qu'on devra affronter d'autres vagues".
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