Un séjour organisé par le Club Centre-européen pour mieux saisir la manière dont les pays d’Europe centrale se positionnent dans les équilibres européens contemporains.
Fin mai 2026, le Club Centre-européen de Sciences Po a organisé une semaine de voyage d’études en Hongrie et en Pologne réunissant des étudiants du campus de Dijon, et un étudiant du campus de Nancy, autour des grands enjeux politiques, diplomatiques, économiques, mémoriels et technologiques de l’Europe centrale.
Le voyage s’est inscrit dans une démarche à la fois académique et professionnalisante : confronter les enseignements reçus à Sciences Po aux réalités du terrain, rencontrer des acteurs de haut niveau, et mieux saisir la manière dont les pays d’Europe centrale se positionnent dans les équilibres européens contemporains.
De Budapest à Varsovie, en passant par Cracovie et le mémorial d’Auschwitz-Birkenau, ce déplacement avait pour ambition de comprendre l’Europe centrale à travers ses institutions, ses acteurs publics et privés, ses lieux de mémoire et ses débats contemporains. Les étudiants ont ainsi pu échanger avec des responsables politiques, diplomatiques, économiques, académiques et institutionnels sur les recompositions européennes, les relations transatlantiques, la sécurité du continent, la place de la Pologne dans l’Union européenne, les dynamiques politiques hongroises et les enjeux de souveraineté technologique.
Le voyage en 9 photosCe voyage d’études nous a permis d’approfondir notre compréhension de l’Europe centrale à partir d’une approche de terrain. À travers des rencontres organisées à Budapest et Varsovie, nous avons pu confronter les enseignements académiques aux analyses d’acteurs politiques, diplomatiques, économiques, institutionnels et technologiques.
En Hongrie, les échanges ont principalement porté sur la vie politique hongroise, les résultats électoraux de 2026, les dynamiques démocratiques, les perspectives économiques du groupe de Visegrád et la place de la Hongrie dans les recompositions européennes. À Budapest, nous avons pu également dialoguer avec des représentants du monde académique, économique et diplomatique, ainsi qu’avec Péter Márki-Zay, figure importante de l’opposition hongroise.
En Pologne, le voyage a pris une dimension institutionnelle particulièrement marquée. Les rencontres au Palais présidentiel, au ministère des Affaires étrangères, à l'ambassade de France en Pologne, chez Meta Polska, à NASK (agence gouvernementale polonaise de recherche pour la cybersécurité) et auprès de la fondation Res Publica Nowa ont permis d’aborder le rôle croissant de la Pologne dans l’Union européenne, la sécurité européenne, les relations transatlantiques, la guerre en Ukraine, la désinformation, la cybersécurité et la souveraineté technologique.
Le passage par Auschwitz-Birkenau a donné au voyage une dimension mémorielle fondamentale. Cette visite a rappelé l’importance du travail historique et civique dans la formation étudiante, en inscrivant les débats politiques contemporains dans une histoire européenne marquée par les violences du XXe siècle.
Ce déplacement s’inscrit pleinement dans le projet pédagogique du campus de Dijon, tourné vers l’Europe centrale et orientale. Il nous a offert une expérience concrète des réalités politiques et diplomatiques de la région, tout en nous confrontant à des enjeux professionnels liés à la diplomatie, aux affaires européennes, à la cybersécurité, aux relations économiques internationales et à l’action publique.
"La première chose qui m’a marquée en arrivant en Hongrie, c’est la présence du drapeau européen sur de très nombreuses façades. Près des institutions comme des lieux privés, le long des grandes avenues comme dans les petites ruelles, le sentiment européen semble habiter les rues de Budapest.
Ce voyage permet de faire le pont entre l’étude des sujets européens et leur expérience concrète : il y a étudier l’Europe, et vivre l’Europe.
La rencontre avec les étudiants de la CEU, autour des problématiques rencontrées par les Roms, a également constitué un moment marquant du voyage. Elle a permis de voir comment certains sujets sont traités, parfois oubliés, d’un pays à l’autre. La collaboration et le débat ouvert offrent une approche plus concrète d’enjeux souvent méconnus ou ignorés.
Ce voyage porte en lui le concret : il ouvre une porte vers ce à quoi pourrait ressembler notre future vie professionnelle, dans le secteur privé comme dans le secteur public, au service de la mémoire ou de la construction européenne. Décrypter les élections législatives hongroises ou échanger avec le ministre des Affaires étrangères polonais rappelle combien le débat à 27 est complexe, mais surtout combien cette complexité est une richesse qu’il faut faire perdurer."
Lucie Granottier, étudiante en première année
"J’ai eu la chance de prendre part à plusieurs voyages d’études au cours de mon parcours à Sciences Po, mais celui-ci m’a semblé particulièrement singulier, tant par la qualité des personnes rencontrées que par la force des lieux et des villes que nous avons traversés.
C’était ma première fois en Pologne, et plus largement dans cette partie de l’Europe. Ce qui m’a d’abord marqué, c’est le déplacement lui-même : relier Budapest à la Pologne en train de nuit, dans une forme de mobilité si caractéristique de l’Europe centrale, donnait déjà au voyage une dimension très concrète et presque initiatique.
La visite du Mémorial et Musée Auschwitz-Birkenau a également été un moment bouleversant. Je connaissais évidemment ce lieu par l’histoire, par les cours et par les lectures, mais s’y rendre physiquement donne une tout autre portée au travail de mémoire. On ne comprend pas Auschwitz de la même manière lorsqu’on y met les pieds.
Sur le plan institutionnel, la rencontre avec Radosław Sikorski, ministre des Affaires étrangères de la République de Pologne, a sans doute été l’un des moments les plus marquants du programme. Son parcours, son expérience internationale et sa manière d’incarner une certaine idée de l’État donnaient à l’échange une profondeur particulière. On sentait, à travers ses réponses, le poids de l’expérience et la densité d’une vie politique européenne et transatlantique."
Valmir Malot, étudiant en deuxième année
Budapest
Cracovie et Auschwitz-Birkenau
Varsovie
Le voyage d’études du Club Centre-européen a été organisé par Wiktor Castaing-Szczepański, Bodo Roland Grétsy-Kováts et Louis Gaignard, avec la contribution de Valmir Malot, Nila Olaso, Emma Monchanin-Baris et Cristian Ghiorghe. La diversité géographique des origines des responsables du projet reflétait la coopération régionale entre les pays d’Europe centrale et la France ainsi que l’ouverture internationale de Sciences Po.
Légende de l'image de couverture : Avec Jakub Turowski, directeur des affaires publiques pour l’Europe centrale et orientale de Meta (crédits : Sciences Po)