Pour permettre aux voyages habités et missions spatiales de visiter le cosmos, et faute de pouvoir toujours utiliser les méthodes de navigation traditionnelles comme le GPS, la Nasa mène une expérimentation qui pourrait redéfinir les objectifs d'exploration.
Pour permettre aux voyages habités et missions spatiales de visiter le cosmos, et faute de pouvoir toujours utiliser les méthodes de navigation traditionnelles comme le GPS, la Nasa mène une expérimentation qui pourrait redéfinir les objectifs d'exploration.
Que faire quand le GPS ne fonctionne plus? Sur la route, il suffit de suivre les panneaux, mais dans l'espace, c'est une autre paire de manches. C'est pour cette raison que la Nasa a lancé la mission Starling, un système de navigation unique en son genre qui doit permettre à un engin spatial de déterminer sa position dans l'espace.
La mission s'appuie sur le système Falcon (Fast Autonomous Lost-in-space Catalog-based Optical Navigation - Navigation optique autonome et rapide sur catalogue en cas de perte de position spatiale en VF) qui utilise des caméras présentes à bord des vaisseaux spatiaux pour identifier les autres objets autour de lui. Ces caméras sont généralement utilisées pour observer les étoiles.
Cette fois, elles vont comparer les objets observés à un catalogue embarqué d'environ 20.000 objets spatiaux et leurs trajectoires prévues. Cela permettra alors à l'engin spatial de savoir où il se situe et de corriger la trajectoire si besoin.
Naviguer sans l'aide de la TerreIl ne s'agit pour l'instant que d'une expérience réalisée conjointement avec Eradrive, une start-up affiliée à l'université de Stanford, mais elle doit permettre de tester l'efficacité des "liens" entre le logiciel de vol Era-Core (développé par Eradrive), les caméras équipant les satellites et le catalogue d'objets orbitaux.
Lors du premier test du genre auquel a pu assister Interesting Engineering, Falcon a permis d'améliorer pendant trois jours les positions connues de plus de 200 objets présents dans l'espace, et ce, sans intervention humaine. La Nasa explique que grâce à ce système, les données embarquées dans le vaisseau étaient bien plus précises que celles existantes dans son catalogue.
Un ensemble de sondes Starling testé par la Nasa pour une navigation sans GPS dans l'espace © NASA/Daniel Rutter"Falcon est un nouveau succès pour la mission de test Starling. Les résultats de Falcon pourraient avoir des implications importantes sur la surveillance du trafic spatial en orbite, les risques de collisions et pour trouver des alternatives à la navigation traditionnelle," a souligné auprès du média Roger Hunter, responsable au centre de recherche Ames de la Nasa situé dans la Silicon Valley.
Et ce n'est qu'un début: Falcon pourrait encore gagner en efficacité en faisant travailler plusieurs engins spatiaux entre eux. Une nouvelle expérience est attendue en fin d'année 2026 avec quatre vaisseaux qui seront en mesure de partager des informations et affiner collectivement leurs positions.
À l'heure où les voyages dans l'espace se font de plus en plus loin de la Terre, au-delà de la Lune, Falcon pourrait s'avérer essentiel pour guider les futures missions planétaires là où le signal GPS n'est plus capté correctement. De quoi permettre également de développer des constellations de satellites autour de la Lune qui pourraient alors se coordonner sans accès continu à la navigation traditionnelle.