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Les Mozart lumineux de Mackerras à nouveau disponibles

Дата публикации: 19-02-2026 03:12:24

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonies n° 29, 31, 32, 35, 38, 39 à 41. Adagio et Fugue en ut mineur. Requiem (édition de Robert Levin). Susan Gritton, soprano ; Catherine Wyn-Rogers, mezzo-soprano ; Timothy Robinson, ténor ; Peter Rose, basse ; Chœur et Orchestre de chambre d’Ecosse, Sir Charles Mackerras, direction. 1 coffret de 5 CD Linn. Enregistrés au City Hall de Glasgow et au Caird Hall de Dundee, entre décembre 2002 et juillet 2009. Notice de présentation en anglais. Durée totale : 5h10
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Sir Charles Mackerras fut l’un des grands mozartien de son temps. Les lectures qu’il offrit de neuf symphonies avec l’Orchestre de chambre d’Ecosse demeurent, à juste titre, des références. En effet, elles synthétisent une certaine tradition orchestrale avec l’apport du renouveau de l’interprétation “historiquement informée”. 

Né en Australie, hautboïste de formation, Mackerras étudia auprès de Vaclav Talich. A Prague, il fut au contact des sources de la musique tchèque – il remplit la mission de promouvoir les œuvres de Janáček, Suk et Martinů. Dans cette capitale, la plus mozartienne après Vienne, il participa à la relecture du répertoire classique à la même époque que les maîtres du baroque tels Harnoncourt et Hogwood. De fait, dès les années cinquante et à la tête du BBC Concert Orchestra, il mena un travail en profondeur basé sur l’étude des manuscrits. Une recherche d’autant plus bénéfique lorsqu’il devint chef invité principal de l’Orchestre de chambre d’Ecosse, entre 1992 et 1995. Tout au long de sa carrière, il dirigea nombre de formations à la fois “traditionnelles” et sur instruments anciens. Lorsque dans les années 2000, il mit son expérience au service des orchestres de chambre sur instruments modernes, cela donna le résultat que l’on entend dans ces lectures rééditées à plusieurs reprises et saluées dans ces colonnes dès 2010. Une somme à mettre en parallèle avec les Mozart qu’il grava auparavant pour Emi (regroupés au sein du coffret de 63 CD que Warner Classics à consacré à Mackerras), mais aussi chez Telarc, Supraphon, Philips et Decca (pour les concertos) et Chandos (pour les opéras).

L’écoute des symphonies du coffret Linn nous laisse quelques impressions immédiates : clarté des lignes, précision des détails dans le fondu orchestral, obsession du cantabile dans les cordes (l’opéra mozartien sous sa baguette illumine le cantabile des symphonies !). Les neuf opus réunis dans ce coffret font le pendant avec l’intégrale que le chef grava avec l’Orchestre de chambre de Prague pour le label américain Telarc. Elles supplantent les lectures antérieures avec le Philharmonique de Londres (Warner Classics). En effet, les captations du label Linn sur instruments modernes s’imposent en raison de leur fraîcheur et d’une légèreté toute élégante – les tempi sont particulièrement vifs – qui firent date. La prise de son plus aérée en Ecosse qu’à Prague, plus fidèle à l’écoute en concert et surtout un instinct parfait pour tout ce qui concerne le phrasé et les accents emportent notre adhésion. Mackerras préserve à la fois une liberté de ton et une précision dans la mise en place avec une sûreté rythmique sans faille comme s’il s’agissait d’une musique destinée aussi à la danse (le chef fut aussi un admirable musicien pour le ballet, ceci expliquant en partie cela). Pas l’ombre d’un maniérisme de la Symphonie n° 29 à la “Jupiter”. Tout coule de source comme si le choix des tempi et le style étaient une l’ordre de l’évidence. Aucune sécheresse, précipitation ou coup de projecteur (flûte, cor ou timbales) non plus, comme cela est si souvent le cas avec les versions sur instruments d’époque. Les mouvements lents respirent sans affèterie, sans superficialité avec un emploi des plus judicieux du vibrato. En vérité, la lecture de Mackerras serait, si l’on osait, une sorte de synthèse entre Bruno Walter et Trevor Pinnock !

Autant de qualités que l’on retrouve hélas minorées dans le Requiem de Mozart. Voilà une lecture pensée dans un beau sentiment d’urgence, mais avec des solistes en retrait et un chœur d’une qualité moyenne. La basse de Peter Rose manque d’ampleur et la voix du ténor Timothy Robinson n’est pas vraiment dans le style mozartien. Saluons le choix de l’édition réalisée par Robert Levin. Elle supplante la version communément proposée et insatisfaisante de Süssmayr. On l’aura compris : on n’acquiert pas ce coffret pour cette dernière œuvre.

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