Donald Trump dénonce régulièrement la possibilité dans de nombreux Etats américains de voter par correspondance. Il y voit l’une des raisons principales de sa défaite de 2020 face au démocrate Joe Biden, qu’il n’a jamais reconnue.
Le président américain Donald Trump dans le Maryland, le 19 juillet 2026. MANDEL NGAN / AFP
C’est une défaite pour Donald Trump dans sa croisade contre le vote par correspondance. Trois jours après une autorisation provisoire de la Cour suprême américaine, une juge fédérale a, ce jeudi 27 août, à nouveau suspendu un décret présidentiel visant à restreindre le vote par correspondance.
Dans sa décision, la magistrate, Indira Talwani, estime « impossible en pratique » pour les Etats de se conformer au texte à temps pour les élections de mi-mandat du 3 novembre, dans à peine plus de deux mois. « La plupart des Etats demandeurs ont déjà commandé leurs bulletins de vote par correspondance, et certains sont tenus par le droit de l’Etat de les envoyer aux électeurs éligibles dès la semaine prochaine », a-t-elle relevé.
« Contraire à la Constitution »Donald Trump dénonce régulièrement la possibilité dans de nombreux Etats américains de voter par correspondance – et ce alors qu’il a lui-même voté par correspondance pour la primaire républicaine de Floride (sud-est) la semaine dernière. Le président républicain y voit l’une des raisons principales de sa défaite de 2020 face au démocrate Joe Biden, qu’il n’a jamais reconnue. Il a signé le 31 mars un décret encadrant plus sévèrement cette modalité de vote, contesté en justice par un groupe d’Etats gouvernés par les démocrates.
Le décret ordonne aux services de l’immigration et de la Sécurité sociale de créer une liste fédérale des électeurs habilités à voter, et au service des Postes de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu’aux personnes figurant sur cette liste. L’objectif est de limiter le risque que des étrangers puissent voter aux élections américaines, spectre régulièrement agité par Donald Trump et les républicains, bien que le phénomène soit extrêmement rare, selon les statistiques officielles.
La juge Indira Talwani, à l’initiative de la suspension, a jugé que le décret, « probablement contraire à la Constitution », représentait « un préjudice irréparable » pour les Etats, à qui revient l’organisation des scrutins, et pour les électeurs dont il restreint potentiellement les droits. « Le dossier continue de manquer de la moindre preuve de votes par correspondance frauduleux », estime-t-elle par ailleurs.
La Cour suprême à majorité conservatrice, elle, a adopté une position inverse. Sans se prononcer sur le fond, elle avait levé lundi 25 août une première suspension du texte, déjà accordée par la juge Talwani, mais les Etats opposés, emmenés par la Californie, ont intenté une nouvelle action. Ils arguent notamment que selon la Constitution américaine, c’est aux Etats et aux Congrès de définir les règles électorales et non au président. En tout état de cause, le dossier devrait donc de nouveau se voir renvoyé devant la Cour surpême.
Par Service Actu