Alors que Thomas Ruyant annonce renoncer à la Route du Rhum faute de sponsors, d'autres marins font part de leurs difficultés de financement à moins de six semaines du départ de la treizième édition de la course transatlantique.
Diffusé le mardi 22 septembre 2026 à 6h20
Publié le mardi 22 septembre 2026 à 6h20
Alors que Thomas Ruyant annonce renoncer à la Route du Rhum faute de sponsors, d'autres marins font part de leurs difficultés de financement à moins de six semaines du départ de la treizième édition de la course transatlantique.
C'est le tenant du titre en Imoca mais il ne sera pas au départ cette année. Thomas Ruyant annonce ce lundi 21 septembre renoncer à la Route du Rhum, la mythique course à la voile transatlantique qui partira le 1ᵉʳ novembre 2026 de Saint-Malo, direction la Guadeloupe. Malgré son palmarès de double vainqueur de la Route du Rhum, double vainqueur de la Transat Jacques Vabre, vainqueur de la Transat AG2R 2018, 7ᵉ du dernier Vendée Globe, le skipper nordiste basé à Lorient n'a pas trouvé de sponsor majeur pour financer sa participation "dans de bonnes conditions" et s'engager en vue du prochain tour du monde à la voile en 2028.
"Évidemment qu'il y a de la frustration et de la déception. On avait des projets qui étaient déjà bien engagés et puis des situations internationales comme le détroit d'Ormuz, comme l'annonce de Trump sur les droits de douane, tout ça ne fait pas beaucoup de bien. Et ça a parfois cassé des discussions en cours", explique le marin de 45 ans qui cherche depuis un an et demi les couleurs de son nouvel Imoca, mis à l'eau au mois de juin dernier.
Le tenant du titre avait besoin de plus de deux millions d'euros pour prendre le départ de la transatlantique en solitaire avec idéalement ensuite un budget de fonctionnement de quatre à cinq millions d'euros par an pour aller jusqu'au prochain Vendée Globe. "Ce sont des budgets importants, des équipes de 15 à 20 personnes, des bateaux qui coûtent cher, il y a beaucoup de postes mais ça vaut le coup, ça reste un sport qui fait rêver", estime celui qui espère se relancer dès l'an prochain. "C'est un petit pas en arrière pour mieux rebondir derrière", assure-t-il.
Un tremplin vers le Vendée GlobeDans la même situation, Maxime Sorel a lui fait le choix du saut dans le vide. "On a choisi de mettre à l'eau avec le risque de ne pas être en capacité forcément de couvrir tous les besoins. On force un peu le destin", reconnait le navigateur basé à Concarneau. "On a clairement engagé la trésorerie de la société et ce qui est un peu problématique, c'est qu'au retour de la Route du Rhum, pour le moment, globalement, on est obligés de s'arrêter." Le marin a besoin de 150.000 euros pour boucler son budget annuel de 900.000 euros, avant de se projeter sur la suite. "Pour nous, la Route du Rhum, c'est clairement un tremplin vers notre objectif final qui sera le Vendée Globe 2028. On sera satisfait quand on aura réussi à boucler ce budget et à avoir un horizon plus clair pour la suite."
Et la problématique est la même pour les briscards de la mer, comme Jean Le Cam. Le marin aux six Vendée Globe est engagé en catégorie vintage sur son propre bateau Alegria. "C'est pas du tout les mêmes budgets, sourit-il, ça n'a rien de comparable". Malgré tout, le marin de Port-la-Forêt peine à boucler ses comptes. "Il nous manquerait au moins 200 .000 €, et encore, sur un budget minimum, ça veut dire que tu ne te paies pas, que tu n'amortis pas ton bateau, ce n'est plus un métier". Pour ce projet, Jean le Cam a réduit son équipe au minimum, ils ne sont plus que trois sur le chantier, dont sa fille Thaïs. "Mais ça va aller quand même", conclut-il, philosophe.
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