Pour ouvrir « La Grande Librairie » sur France 5, Augustin Trapenard a évoqué, à sa manière, la polémique déclenchée par la carte blanche accordée à l’ex-actrice devenue écrivaine.
Médias 17/09/2026 10:55 Actualisé le 17/09/2026 13:48
Pour ouvrir « La Grande Librairie » sur France 5, Augustin Trapenard a évoqué, à sa manière, la polémique déclenchée par la carte blanche accordée à l’ex-actrice devenue écrivaine.

À sa manière, le présentateur de l’émission littéraire de France 5 a défendu le principe de la carte blanche de fin d’émission et par la même occasion la liberté de parole des auteurs qui s’essayent à l’exercice.
EN BREF
• Après la carte blanche d’Adèle Haenel dans « La Grande Librairie », France Télévisions avait retiré l’émission du replay « à titre conservatoire ».
• Augustin Trapenard a défendu une semaine plus tard la liberté d’expression des auteurs et le principe d’une parole d’artiste, en direct sur France 5.
• Le journaliste a promis que cette séquence ne disparaîtrait pas de l’émission.
L’IA au HuffPost.
Mise au point feutrée. Dans le numéro de La Grande Librairie de France 5 diffusé le 9 septembre, la traditionnelle carte blanche de clôture de l’émission avait été accordée à Adèle Haenel. Cette séquence, et le reste de l’émission, avaient été supprimés « à titre conservatoire » du replay par France Télévisions en raison de l’absence de contradictoire. Augustin Trapenard a tenu à aborder la polémique dans l’émission du 16 septembre.
L’ancienne comédienne césarisée, invitée à l’occasion de la sortie de son livre Viser Juste, avait porté dans La Grande Librairie un message puissant sur la libération de la parole autour des agressions sexuelles. Avant d’amorcer une transition pour dénoncer les actes commis par Israël à Gaza depuis l’attaque du 7 octobre 2023. « N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine », avait lâché l’écrivaine pour conclure sa prise de parole.
Une semaine après la suppression de l’émission et la polémique qui en avait découlé, Augustin Trapenard pouvait difficilement esquiver le sujet. Il a toutefois choisi de ne pas l’aborder frontalement en prenant de la hauteur et en ne prononçant jamais le nom d’Adèle Haenel ou la suppression de la séquence. Le mercredi 16 septembre, le journaliste a choisi de remettre en avant le principe même de l’émission qui fête ses 18 ans. « Ils sont cinq ou six les écrivains, chaque semaine sur notre plateau et ils dialoguent. Pourtant, et je peux en témoigner, ils ne se ressemblent pas, ils viennent de tous les horizons, ils ne sont pas toujours d’accord et ils se le disent, croyez-moi, en direct ! », a-t-il commencé à expliquer, face caméra.
Un terrain de liberté et d’expression pour les auteurs« La parole de ces écrivains, c’est important de le rappeler, ce n’est pas la parole du politique ou de l’expert. C’est une parole d’artiste, une parole qui tremble parfois, qui trouble souvent… Et c’est pour ça qu’elle est forte », a-t-il ajouté pour défendre la fameuse carte blanche, terrain de liberté et d’expression pour les auteurs et autrices qu’il a d’ailleurs lui-même imaginé lorsqu’il a repris l’émission il y a quatre ans.
« J’ai souhaité qu’on puisse l’entendre, cette parole. J’ai souhaité que chaque Grande Librairie se termine par un texte qu’aurait écrit l’un de mes invités. Une carte blanche, présentée, encadrée comme telle, droit dans les yeux. Cette séquence vous la connaissez. Elle a donné lieu à des moments très forts que vous avez beaucoup partagés », ajoute-t-il, comme un clin d’œil discret au fait que la carte blanche d’Adèle Haenel, elle supprimée, n’a jamais pu être repartagée ou consultée officiellement depuis sa diffusion en direct.
Le 10 septembre, Adèle Haenel avait immédiatement dénoncé la censure de ses propos. Y voyant une illustration parfaite de ce qu’elle mettait en lumière la veille dans l’émission : « un lien entre la silenciation et le déni autour des violences sexistes et sexuelles et la silenciation et le déni autour du génocide en Palestine ».
La carte blanche, « c’est pas fini ! »En guise de promesse pour les téléspectateurs Augustin Trapenard a affirmé que cette carte blanche ne disparaîtrait pas : « Ce qui est essentiel, c’est que depuis quatre ans, la parole libre des écrivains nous faisons en sorte qu’elle ait lieu chaque mercredi, à la télévision, en direct… et c’est pas fini ! ».
Augustin Trapenard rappelle aussi que cette fameuse carte blanche « témoigne du fait que semaine après semaine personne ne pense et n’écrit pareil. Il y a autant de textes que de points de vue. Sur tous les sujets. On peut ne pas être d’accord avec ce qui est dit. On peut contester. On peut interroger tout ce que vous voulez, mais chaque écrivain s’est exprimé en toute liberté, dans les limites de la loi ». À sa manière, le présentateur de l’émission littéraire de France 5 a donc défendu corps et âme le principe de sa carte blanche et par la même occasion la liberté de parole des auteurs qui s’essayent à l’exercice.
« Prendre la parole, c’est toujours prendre un risque. Souvenez-vous que donner la parole aussi », a finalement conclu le présentateur avant de poursuivre le lancement de l’émission avec la présentation de ses invités.
Dans Télérama, France Télévisions estimait pourtant que la position d’Adèle Haenel n’avait pas pu être contrebalancée par « plusieurs points de vue, ce que notre cahier des charges impose ». Une source anonyme citée par nos confrères avançait toutefois que France Télévisions avait aussi voulu prouver sa bonne foi à l’Arcom, saisie par plusieurs téléspectateurs en raison des propos de l’autrice sur le conflit israélo-palestinien.