La journaliste a vivement répondu à un communiqué publié sur X par des syndicats de la chaîne d’information en continu.
La journaliste a vivement répondu à un communiqué publié sur X par des syndicats de la chaîne d’information en continu.
Par Vincent Gibert avec AFP

LOU BENOIST / AFP
Sonia Mabrouk, ici posant lors d’une séance photo au siège de BFMTV, à Paris, le 18 août 2026.
Les tensions ne s’apaisent pas dans les couloirs de BFMTV. « Je ne me laisserai pas salir », a ainsi vivement répondu ce vendredi 11 septembre sur X la journaliste Sonia Mabrouk, recrue estivale de la chaîne d’information en continu, à deux syndicats de celle-ci qui l’ont à nouveau accusée de « clémence vis-à-vis de l’extrême droite ».
« Le journalisme, c’est le pluralisme. Il faudra s’y habituer. Votre hémiplégie politique et démocratique est déshonorante a fortiori en pleine campagne présidentielle », a tonné la journaliste.
Ce à quoi la CGT du groupe RMC BFM a répondu, aussi sur X, que « le pluralisme ne peut pas servir de prétexte à toutes les complaisances... a fortiori en pleine campagne présidentielle ».
La veille, dans un communiqué commun, le SNJ (Syndicat national des journalistes) et la CGT de RMC BFM avaient jugé que « le plateau de Mme Mabrouk donne la part belle aux intervenants d’extrême droite ».
Une émission quotidienne de 18h45 à 21hSelon ces syndicats, « sur la tranche de Sonia Mabrouk, ils représentent une proportion de 25,5 % sur la période du 24 août au 8 septembre (contre 11,8 % chez Alain Marschall et Olivier Truchot, et 4,6 % chez Apolline de Malherbe) », autres figures du groupe audiovisuel.
Les syndicats accusent aussi la journaliste d’avoir permis à Sarah Knafo (Reconquête !) de « dérouler son argumentaire au sujet des Français “de souche” en opposition aux Français “de branche” », et d’avoir laissé Bruno Retailleau (LR) « établir un lien hasardeux entre les députés Insoumis et islamisme ». « Quel renoncement collectif que de laisser dérouler des théories racistes et xénophobes sur nos antennes sans contradiction ou presque », concluent les deux syndicats, en visant la direction.
Sonia Mabrouk, qui présente l’émission quotidienne 100 % Mabrouk de 18h45 à 21h, est arrivée fin août à BFMTV en provenance de la chaîne concurrente CNews. Cette dernière, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, est accusée par la gauche de promouvoir les idées d’extrême droite, ce dont elle se défend.
Après ses débuts, le SNJ et la CGT du groupe RMC BFM avaient déjà accusé son émission d’être « un défilé de personnalités d’extrême droite », et la société des journalistes (SDJ) de BFMTV s’était dite inquiète pour « l’équilibre des plateaux ».
La direction s’était dite « ravie d’accueillir Sonia Mabrouk » et avait assuré avoir « toute confiance en elle pour faire vivre le débat dans sa pluralité, fidèle à l’ADN de la chaîne ».