Drame par Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau (France, 2h00). En salle le 23 septembre ★★★☆☆
Critique Drame par Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau (France, 2h00). En salle le 23 septembre ★★★☆☆
Adèle Exarchopoulos dans « Garance ». MARIE-CAMILLE ORLANDO/SOR FILMS
Pour aller plus loin
Garance, comédienne, carbure à l’excès. Rien ne ralentit la jeune femme qui pratique son métier avec fougue afin de supporter les embûches d’une carrière qui ne décolle pas et de trouver la force d’accumuler les cachets nécessaires à son statut d’intermittente du spectacle. Il faut tenir la distance, alors elle boit. Régulièrement. Incessamment. Sans se soucier des conséquences qui finissent par la rappeler à la réalité. Dans le même temps, elle rencontre et tombe follement amoureuse – une première pour cette hétéro – d’une femme qui pourrait devenir sa planche de salut.
L’autrice de « Je verrai toujours vos visages » signe ici le bouleversant portrait d’une femme morcelée vivant au jour le jour sans se préoccuper de se réconcilier avec elle-même. Ni film à thèse sur les ravages de l’ébriété de confort ni drame sur une dépression enfouie et autodestructrice, « Garance » prend sans cesse le contre-pied des évidences et cisèle son romanesque hors des sentiers attendus. Au psychologisme explicatif, Jeanne Herry préfère l’interaction des corps fusionnels et des sensualités redécouvertes pour dessiner, non sans humour, les contours insaisissables de ses modèles.
Par Xavier Leherpeur