De la titularisation de jeunes joueurs aux choix tactiques en passant par un coaching précoce, Laurent Labit et son staff ont multiplié les choix payants, et gagnant, afin de permettre à l’USAP de signer une...
De la titularisation de jeunes joueurs aux choix tactiques en passant par un coaching précoce, Laurent Labit et son staff ont multiplié les choix payants, et gagnant, afin de permettre à l’USAP de signer une prestation aboutie contre l’UBB ce samedi (38-25). Et d’oublier la déconvenue montpelliéraine.
La satisfaction de ce samedi après la victoire face à l’Union Bordeaux-Bègles (38-25) contraste forcément avec la colère de la semaine dernière à Montpellier. En une semaine, la frustration d’un match manqué et le courroux nourri par un effectif large mais pas encore suffisamment homogène ont été laissés au rayon des enseignements. Un apprentissage sur lequel Laurent Labit et son staff ont planché pour resserrer un groupe plus incisif et oser des paris gagnants ce samedi.
En milieu de semaine, les entraînements avaient en effet acté la promotion de jeunes. Et la victoire finale sur l’UBB a rendu fier "à tous les niveaux : les joueurs qui sont entrés et ceux qui ont enchaîné", étaye Labit. Avec en premier lieu les Espoirs, avec les titularisations quelque peu surprises de l’ailier Maxim Granell (21 ans) et du centre Diego Mascarenc (19 ans), ainsi que la présence du pilier gauche Lorencio Boyer-Gallardo (21 ans) sur le banc. "Ils méritaient de jouer. À partir du moment où les joueurs sont au niveau, on doit les faire jouer, qu’ils aient 19 ans ou qu’ils en aient 34", martèle Laurent Labit. Et à aucun moment ils n’ont semblé pâtir de leur âge.
À la 50e minute, les six avants étaient entrésMaxim Granell a réalisé trois franchissements (meilleur total du match), battu quatre défenseurs et réalisé deux plaquages dominants, Diego Mascarenc a inscrit un essai, réalisé un 11/13 au plaquage, quand Lorencio Boyer-Gallardo a gagné trois pénalités en mêlée, dont une menant à un essai, et est à l’origine, avec Maxim Granell, d’un contre-ruck important à la 77e minute de jeu alors qu’il y avait encore 31-25.
Des choix audacieux et gagnants, mais que Laurent Labit ne considère pas comme des "paris". "La saison dernière, on voulait qu’ils s’aguerrissent pour les matches de haut niveau. Aujourd’hui, ces matches-là arrivent, poursuit le manager. L’équipe emmagasine de l’expérience, du vécu. Les jeunes amènent leur énergie et les recrues leur expérience du haut niveau. C’est la satisfaction."
Ces choix de composition n’ont pas été les seules réussites du staff catalan. Parce que, à la différence des précédentes journées, il a coaché plus tôt. De manière contrainte et forcée pour Paolo Garbisi et Ignacio Ruiz en première mi-temps, puis pour Joaquín Oviedo. Mais aussi de manière délibérée : à la 58e minute, tous les changements étaient effectués ; à la 50e, les six avants étaient entrés. Lors des précédentes journées, le dernier changement intervenait autour de la 70e minute (68e, 72e, 74e).
Et cela a fonctionné : "Les entrants ont ramené de l’énergie. Ils nous ont redonné envie de s’y filer. Ils ont apporté ce supplément d’âme au moment où Bordeaux revenait à trois points", détaille Noé Della Schiava. Stratégiquement, les entrants ont également pesé : Lorencio Boyer-Gallardo et Cédate Gomes Sa ont pris le dessus en mêlée, Peceli Yato a pesé derrière le jeune pilier gauche et avancé sur chacun de ses ballons pour user les Bordelais, tandis que Mattéo Le Corvec a apporté de la mobilité pour finir le match sous les coups de butoir girondins.
Une ligne défensive adaptéeÀ ces paris peuvent s’ajouter ceux tactiques. Défensivement, les Catalans ont pris un peu de recul sur la ligne du hors-jeu pour monter plus fort et plus vite, connaissant l’aptitude des Girondins à aller au large, le troisième ou quatrième joueur de la ligne défensive – souvent Ennor – anticipait pour harceler plus rapidement, et ils évitaient de trop se consommer au sol. On peut aussi relever les coups de pied de pression dans la zone 40-40, destinés à éviter les turnovers au milieu du terrain et à mettre sous pression Penaud, Rayasi ou Retière, pas toujours souverains dans ce secteur, même si les Catalans se sont parfois trop livrés dans les airs.
"Il y a beaucoup de satisfaction parce que je crois que l’équipe grandit, progresse", souligne sans s’enflammer Laurent Labit. Il n’empêche qu’après la déconvenue, lui et son staff ont remis la main sur leur groupe de près de 50 joueurs et leur destin afin de rivaliser avec l’un des gros bras du Top 14.