La presse se montre plutôt sceptique devant la fiction sur le drame de 1944, diffusée ce jeudi 24 septembre en primetime sur TF1, avec Matt Pokora et Caroline Anglade.
Le téléfilm "Oradour" avec M Pokora et Caroline Anglade - TF1
La presse se montre plutôt sceptique devant la fiction sur le drame de 1944, diffusée ce jeudi 24 septembre en primetime sur TF1, avec Matt Pokora et Caroline Anglade.
Matt Pokora en officier des Forces françaises libres parachuté sur le petit village d'Oradour-sur-Glane, il fallait oser. C'était pourtant l'idée du chanteur lui-même. Celui-ci voulait tourner dans un projet qui ait "du sens". Son manager évoque alors le massacre d'Oradour-sur-Glane de 643 habitants par la division SS Das Reich, le 10 juin 1944.
"Cela me disait vaguement quelque chose, mais je n'avais plus exactement le souvenir, détaille Matt Pokora à la station Ici. Je me dis, bon, c'est peut-être moi, peut-être que je suis complètement déconnecté et puis en posant la question autour de moi, il y avait facilement 70 % des gens chez qui ça ne faisait pas tilt non plus en disant Oradour".
Romantisation à l'extrêmeNi une ni deux, l'affaire est enclenchée. Le chanteur, qui s'est déjà illustré sur la Une dans la fiction Le premier oublié avec Muriel Robin en 2019, sur la maladie d'Alzheimer, rencontre Robert Hébras, le dernier survivant de la boucherie, décédé en 2023, et sa petite-fille, Agathe. Mais pour intéresser le grand public, lui et l'équipe de production préfèrent construire une intrigue autour d'une histoire d'amour entre le personnage joué par Matt Pokora et son amour de jeunesse (Caroline Anglade), qui fuit un mari violent avec sa fille sous le bras.
Ce contenu ne peut pas être affiché
Ce contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation. Pour afficher ce contenu, vous pouvez :
Paramétrer vos choix afin d'accepter uniquement les cookies liés à ces contenus tiers en cliquant sur « Paramétrer les cookies ». Vous pouvez à tout moment modifier vos choix et retirer votre consentement en cliquant sur « Paramétrage des cookies » figurant en bas de page de ce site.
Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre politique de protection des données personnelles. Sans votre consentement, ce contenu ne peut pas être affiché
"C'est comme les grands films, pour parler du Titanic, il faut d'abord raconter une histoire autour pour que les gens s'attachent, c'est une porte d'entrée sur la grande Histoire", balaie l'intéressé. "Le but, c'est que les gens s'intéressent, qu'ils viennent visiter le village martyr".
C'est "une fiction qui prend le massacre d’Oradour-sur-Glane pour sujet mais se répand dans une romance plombée de clichés", regrette Télérama.
"Soit une heure et demie d’un Harlequin filmé, dans lequel Oradour est relégué au rôle de moteur de l’ironie tragique pour le téléspectateur qui connaît la terrible issue du 10 juin 1944", renchérit le magazine culturel.
Devoir de mémoire "fragilisé"?Pour L'Humanité, qui a interrogé l’historien Fabrice Grenard, le téléfilm est hagiographique, retranscrivant "n'importe comment" le massacre perpétré par les nazis.
Ce téléfilm n'était pas non plus du goût des habitants du village. Le département de la Haute-Vienne, le Centre de la Mémoire d'Oradour, la commune d’Oradour-sur-Glane et l’ANFMOG (association nationale des familles des martyrs d'Oradour-sur-Glane) ayant exprimé l'an passé leur "vive inquiétude" dans un communiqué de presse commun.
"Nous sommes extrêmement attachés à la véracité des faits. L'histoire d'amour et surtout l'intrigue autour de résistants à Oradour s'en écartent pourtant, et cela pourrait nuire au travail de mémoire entrepris par les chercheurs et les institutions depuis plusieurs années. D'autant que ce dernier est déjà fragilisé par les partisans du révisionnisme; ceux-ci se servant de l'argument de la présence de résistants dans le village pour expliquer le massacre", déploraient-ils en juillet dernier.
"C’est surtout un film pour faire de l’argent en se servant d’un épisode tragique comme caution morale", accusait même Le Populaire du Centre le 3 juillet 2025. Depuis, selon Marianne, "la production a lancé une intense opération séduction pour rattraper sa bourde".
Le président de l’Association nationale des familles des martyrs d’Oradour-sur-Glane et adjoint au maire, Benoît Sadry, se réjouit d'ailleurs dans les colonnes du Parisien du fait que "le téléfilm (permette) de faire connaître Oradour au plus grand nombre", en touchant "un public plus jeune qui sera la mémoire de demain".
Télé Loisirs estime même que "le scénario de Pierre Aknine et Sophie Lebarbier parvient à en dresser les contours de façon plutôt juste et, très important, avec pédagogie", leur permettant d'apprendre "un certain nombre d'éléments oubliés, sans tomber dans l'inventaire exhaustif".
Sur le même sujet
Le téléfilm est suivi ce jeudi soir sur TF1 d'un documentaire intitulé Oradour, un village martyr.
Sujets liés :
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Soirée spéciale Oradour, sur TF1 : comment les habitants du village martyr veillent sur sa mémoire | 0 | 15.73 | 24-09-2026 |
| 2 | “Oradour”, sur TF1, vu par l’historien Fabrice Grenard : “À force de raccourcis, la réalité historique se brouille” | 0 | 12.28 | 24-09-2026 |
| 3 | Сериал «Полураспад» о ядерном взрыве на Тоцком полигоне выйдет осенью | 0 | 7.1 | 27-09-2026 |
| 4 | Oda a la desconfianza | 0 | 7.23 | 03-09-2026 |
| 5 | Кисляк из «Молодежки» прочитал лекцию в Орске | 0 | 5.9 | 25-09-2026 |
| 6 | Le Goncourt retire “C’était ça ou mourir” de sa sélection après des accusations de recours à l’IA | 0 | 15.25 | 25-09-2026 |
| 7 | Las series de la semana lorquiana: Netflix nos salva del vacío en plena batalla entre Mourinho y Guardiola | 0 | 6.4 | 20-08-2026 |
| 8 | Ce soir à la télé : notre sélection du jeudi 24 septembre | 0 | 10.36 | 24-09-2026 |
| 9 | Matthieu Delormeau au plus mal et "abandonné" par le milieu : révélations sur "son envie de mettre fin à ses jours" | 0 | 8.01 | 25-09-2026 |