Un « Cid » aux alexandrins récrits par Caroline Vigneaux, un « Misanthrope » baskets aux pieds, des « Femmes savantes » à la bande-son détonnante. Rafraîchi, voire dynamité, qui a dit que le théâtre classique était un art de boomers ?
« Le Cid pète un câble » au Théâtre des Mathurins. JUSTINE LEPHAY/ THÉÂTRE DES MATHURINS
Tandis qu’au théâtre parisien de la Porte Saint-Martin se joue en majesté un « Cid » classique avec Benjamin Lavernhe dans le rôle-titre, une autre petite musique résonne, à quelques encablures de là. Au Théâtre des Mathurins, un carré d’acteurs bondissants, habillés de rouge et noir, livre sa propre version de la tragi-comédie cornélienne. Des alexandrins, oui, mais les vers de Corneille y sont habilement tricotés avec ceux de… Caroline Vigneaux ! Exemple d’un dialogue entre Léonor et l’Infante : « (Je l’aime) Vous l’aimez ? Oh là là quel bazar ! – Rodrigue est un kebab, vous êtes du caviar – Que dira notre Roi ? Que dira la Castille ?– Vous souvient-il encor de qui vous êtes fille ? »
Dans son entreprise de modernisation, l’humoriste fait rimer « Princesse » avec « La hess », ou « Perdre un tel capitaine » avec « ça fout vraiment la haine » et glisse ici et là, le plus naturellement du monde, les mots « seum » et « buzz » dans les répliques des héros déchirés. Mais tout en modern…
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