Les deux militants d’ultradroite sont jugés depuis deux semaines pour avoir tué par balles le rugbyman argentin en mars 2022 à Paris.
France 23/09/2026 18:35 Actualisé le 23/09/2026 22:27
Les deux militants d’ultradroite sont jugés depuis deux semaines pour avoir tué par balles le rugbyman argentin en mars 2022 à Paris.

BENOIT PEYRUCQ / AFP
Au procès du meurtre de Federico Martín Aramburú, l’avocat général Philippe Courroye (à droite) a notamment requis 27 ans contre Loïk Le Priol, l’auteur présumé des tirs mortels (au premier plan à gauche).
Ils risquent la réclusion à perpétuité, le parquet a requis respectivement 27 et 20 ans de prison. Au procès du meurtre du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú, tué en mars 2022 à Paris, l’avocat général Philippe Courroye n’a pas épargné le « tandem maléfique » composé de Loïk Le Priol et Romain Bouvier, qui sont jugés depuis deux semaines à Paris.
Dans son réquisitoire, Philippe Courroye a dénoncé « la dangerosité criminelle » des deux hommes, qui sont accusés d’avoir abattu Aramburú après une altercation à mains nues au petit matin d’une nuit alcoolisée à Paris. L’avocat général a notamment rappelé le lourd passé des deux militants d’ultradroite, passés par le GUD et « fascinés » par les armes à feu, et qui possédaient des objets et symboles nazis.
À l’inverse, l’avocat général a dressé le portrait d’un ancien rugbyman « homme de bien » qui, à 42 ans, avait « la vie devant lui ». Un fils, un mari, un frère, un ami qui a été « arraché » à ses proches.
« Chronique annoncée » d’un drameTout au long de sa prise de parole, aussi virtuose qu’émouvante, Philippe Courroye a battu en brèche la défense des deux accusés, qui ont tenté de faire valoir une réaction motivée par la « peur », la réponse à une « agression », voire un simple « réflexe » militaire. Ce, alors qu’ils ont pourchassé en voiture et abattu par-derrière Federico Martín Aramburú, qui repartait à pied avec son compère Shaun Hegarty et s’était déjà éloigné après l’altercation. « Il n’y a rien qui colle » dans leurs versions, a tonné l’avocat général.
C’est en raison de ce qu’il a qualifié de « chronique annoncée », d’« issue qui ne peut qu’être implacable, irrémédiable », que l’avocat général a finalement requis 27 ans de réclusion à l’encontre de Loïk Le Priol, auteur présumé des tirs mortels dans le dos de la victime, et 20 contre son compagnon, qui avait ouvert le feu en premier. Des individus qui ont « ont administré leur justice privée ».
À noter qu’Antony S., qui est accusé d’avoir aidé les tireurs dans leur cavale, et Lyson R., qui était présente avec eux le soir du drame, ont vu requérir contre eux 3 ans de prison (avec 24 mois de sursis pour le premier et 12 pour la seconde).
La journée de jeudi marquera le début des plaidoiries de la défense de Loïk Le Priol et Romain Bouvier. Le verdict de la cour d’assises de Paris est attendu vendredi, quatre ans et demi après ce crime qui avait bouleversé le monde du rugby, en particulier en Argentine et au Pays basque où vivait la victime, double champion de France avec Biarritz.