Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes sur l’utilisation abusive de lunettes connectées. Ces dispositifs, souvent utilisés pour diffuser des vidéos humiliantes sur TikTok, peuvent entraîner jusqu’à deux ans...
Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes sur l’utilisation abusive de lunettes connectées. Ces dispositifs, souvent utilisés pour diffuser des vidéos humiliantes sur TikTok, peuvent entraîner jusqu’à deux ans de prison et 45 000 euros d’amende.
Le phénomène est en hausse. Grâce à la récente innovation des lunettes connectées qui permettent de filmer sans que l’on s’en aperçoive, de nombreuses personnes se font filmer à leur insu et se retrouvent sur les réseaux sociaux.
Après avoir été "saisi de plaintes portant sur des atteintes à l’intimité de la vie privée liées à l’usage de lunettes connectées", le parquet de Paris a indiqué à l’AFP avoir ouvert plusieurs enquêtes.
Des associations ont commencé à alerter de cette tendance depuis quelques mois. Le 12 août dernier, l’association de défense des droits numériques HateAid avait déposé une plainte pénale contre Meta et d’autres entreprises commercialisant les lunettes à intelligence artificielle en Allemagne, arguant que ces appareils enfreignent la législation sur la protection de la vie privée. Plus récemment, l’association e-Enfance, qui gère le numéro national 3018 dédié aux victimes de violences numériques, a alerté le 8 septembre sur le phénomène croissant des vidéos humiliantes réalisées avec ces lunettes.
Jusqu’à deux ans de prison et 45 000 euros d’amendeLe parquet a ainsi précisé que des enquêtes étaient ouvertes pour "diffusion, par service de communication au public en ligne, d’un montage ou contenu généré par traitement algorithmique non apparent représentant l’image ou les paroles d’une personne sans son consentement", un délit faisant encourir deux ans de prison et 45 000 euros d’amende. Il a ajouté que dans certains cas, elles l’étaient aussi pour "agression sexuelle", "lorsque les faits s’accompagnent de gestes sexuels non consentis".
Selon e-Enfance, les vidéos prises avec les lunettes cherchent souvent à "mettre mal à l’aise" une jeune femme "ou la placer dans une situation embarrassante", avant de diffuser la séquence sur les réseaux sociaux, principalement TikTok. "Elles sont humiliées, et parfois pour certaines menacées de mort sur les réseaux sociaux", a expliqué mardi à l’AFP Inès Legendre, responsable du plaidoyer à e-Enfance.
"Avec ces lunettes, le geste visible qui consistait à sortir un téléphone […] disparaît. Cela rend beaucoup plus facile le fait de filmer quelqu’un à son insu", a-t-elle estimé.
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