À Bolquère, cerfs et biches s’aventurent de plus en plus près du village. Une présence régulière qui témoigne d’un environnement préservé. Mais leur proximité avec les habitations entraîne aussi quelques difficultés...
À Bolquère, cerfs et biches s’aventurent de plus en plus près du village. Une présence régulière qui témoigne d’un environnement préservé. Mais leur proximité avec les habitations entraîne aussi quelques difficultés de cohabitation, notamment dans les jardins.
À Bolquère, il n’est plus exceptionnel d’apercevoir, au petit matin, un cerf ou plusieurs biches à proximité des habitations. Dans cette commune rurale où les espaces naturels côtoient de nombreux lotissements et résidences secondaires, ces rencontres constituent pour beaucoup un véritable privilège. À l’automne, le brame qui résonne dans les bois ajoute encore à cette magie de la montagne.
Mais cette proximité a également son revers. En quête de nourriture, les cervidés peuvent s’aventurer dans les massifs ornementaux communaux ou privés. Les jardins potagers non protégés sont particulièrement exposés : une clôture suffisamment haute, de l’ordre de deux mètres, reste souvent nécessaire pour éviter qu’ils ne soient rapidement "rasés".
Ne pas nourrir les animaux sauvagesUn principe est essentiel : ne pas nourrir les cervidés. Une nourriture déposée volontairement, même avec de bonnes intentions, risque de les habituer à la présence humaine et de les inciter à revenir dans les secteurs habités. À terme, cette pratique peut modifier leur comportement naturel et favoriser leur sédentarisation autour du village.
La prévention passe aussi par l’aménagement des jardins. Le choix de végétaux moins appétissants peut limiter l’attractivité des massifs. Lavande, romarin, plantes aromatiques ou encore buis peuvent ainsi être privilégiés, tout en permettant de conserver des espaces fleuris.
Trouver le bon équilibreGérard Santiago, président de l’association de chasse de Bolquère, apporte son avis sur cette évolution. Plusieurs facteurs pourraient expliquer le rapprochement des cervidés vers les habitations : la fréquentation importante des espaces naturels par les touristes et les promeneurs, la présence de chiens, les troupeaux en estive, mais également les périodes de sécheresse susceptibles de réduire les ressources alimentaires.
La gestion de la population de cervidés doit également tenir compte des conditions locales de pratique de la chasse. Le nombre de chasseurs a diminué et la réalisation du plan de chasse peut s’avérer difficile. Les conditions météorologiques constituent une contrainte supplémentaire : lorsque la neige arrive précocement, le territoire accessible à la chasse se réduit notamment en raison de l’installation et de l’activité des pistes de ski. Ces différents éléments peuvent compliquer la réalisation des objectifs fixés.
De plus, les animaux se situant dans les zones non chassable donnent des naissances ce qui accroît la population.
Pour le président de l’association, cette situation doit être replacée dans la recherche d’un équilibre "sylvo-cynégétique", entre la présence des cervidés, la capacité d’accueil de la forêt et les activités humaines.
"Nous aimons voir ces animaux, mais la rue ou les lotissements ne doivent pas devenir leur garde-manger", résume Gérard Santiago.
Préserver le "roi de la forêt"Pour les habitants, la cohabitation repose aussi sur quelques gestes simples : ne pas attirer les animaux, protéger les potagers et adapter les plantations. Il s’agit moins d’empêcher les cervidés de fréquenter la commune que de conserver une distance naturelle entre la faune sauvage et les espaces habités.
Car leur présence reste avant tout un signe de la richesse environnementale de Bolquère. Voir un cerf ou une biche depuis son habitation, puis entendre le brame à l’automne, rappelle la proximité immédiate de la forêt et de la nature.
En adaptant nos habitudes, le label "3 fleurs" et le "roi de la forêt" peuvent ainsi continuer à partager le même territoire. Une cohabitation qui demande quelques précautions, mais qui contribue aussi au charme et à la qualité du cadre de vie de Bolquère.