Américains et Iraniens échangent à nouveau des tirs au Moyen-Orient, où le trafic maritime reste très perturbé après une nouvelle attaque contre un navire commercial ce week-end. Ces tensions font repartir les cours du pétrole à la hausse.
Américains et Iraniens échangent à nouveau des tirs au Moyen-Orient, où le trafic maritime reste très perturbé après une nouvelle attaque contre un navire commercial ce week-end. Ces tensions font repartir les cours du pétrole à la hausse.
Les cours du pétrole repartent à la hausse, lundi 13 juillet, après un week-end marqué par des frappes américaines sur l'Iran et l'annonce par Téhéran de la fermeture du détroit d'Ormuz. Le prix d'un baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, grimpe de 4,3%, à 79 dollars. Son équivalent américain (WTI) augmente lui aussi de 4% à 74,5 dollars. Parallèlement, les bourses asiatiques évoluent nettement à la baisse. L'indice boursier sud-coréen Kospi chute de 7%.
Cette nouvelle embardée du marché reflète la reprise des tensions géopolitiques: des affrontements entre les États-Unis et l'Iran ont repris ces derniers jours, alors que les deux pays avaient signé le 17 juin un protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Samedi 11 juillet, un porte-conteneurs appartenant aux Émirats arabes unis a été touché par un projectile alors qu'il se trouvait à neuf milles nautiques à l'est d'Oman, selon le Centre britannique des opérations commerciales maritimes. C'est la quatrième attaque dans le détroit depuis le 6 juillet dernier, selon le média spécialisé Lloyd's List. Le niveau de menace a été relevé à "grave", par le Centre conjoint d'information maritime.
La zone reste dangereuseTéhéran considère que le détroit ne peut être traversé que selon ses conditions et a annoncé dimanche sa fermeture "jusqu'à nouvel ordre et jusqu'à la fin de l'ingérence américaine dans la région". Des navires ayant emprunté une route non autorisée par l'Iran ont subi des attaques.
Les États-Unis assurent de leur côté que le détroit reste ouvert. Ils ont lancé une nouvelle série de frappes contre la République islamique pour l'empêcher "d'attaquer les équipages civils et navires commerciaux", selon les mots du Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) qui avait annoncé samedi avoir frappé environ 140 cibles. Six navires ont effectué la traversée dimanche, mais en coupant leur système de suivi AIS.
"Des navires parviennent encore à passer, mais le trafic est bien inférieur à la normale; le passage dépend de plus en plus de la coordination militaire, de la disponibilité des assurances et de la volonté des équipages de pénétrer dans une zone de conflit actif", observe Stephen Innes, de SPI Asset Management.
"Il ne s'agit pas d'une voie maritime ouverte normale. C'est un couloir au fonctionnement partiel, assorti d'une prime de risque liée aux attaques. Les investisseurs vont désormais surveiller les volumes de transit plutôt que la rhétorique" des gouvernements, insiste-t-il. Certes, "les prix actuels du pétrole reflètent toujours la conviction (du marché) que ni Washington ni Téhéran ne souhaitent une guerre régionale généralisée: le Brent reste bien en deçà de son pic atteint durant le conflit", tempère-t-il.
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Mais "le marché n'a pas reconstitué de véritable marge de sécurité: la production mondiale demeure nettement inférieure aux niveaux d'avant-guerre, laissant moins de marge de manoeuvre en cas de nouvelle détérioration du trafic" dans le détroit, prévient M. Innes.