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Incendies : pourquoi certaines forêts résistent mieux que d’autres

Дата публикации: 01-07-2026 14:29:15

Six départements du sud de la France sont placés en alerte rouge feu de forêts par Météo France.

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Environnement 01/07/2026 06:01 Actualisé le 01/07/2026 16:29

Six départements du sud de la France sont placés en alerte rouge feu de forêts par Météo France.

Un avion-citerne Canadair largue de l’eau au-dessus de la forêt lors d’un exercice de lutte contre les feux de forêt à Quarre-les-Tombes, en France, le 28 mai 2026.

FREDERIC MOREAU / Hans Lucas via AFP

Un avion-citerne Canadair largue de l’eau au-dessus de la forêt lors d’un exercice de lutte contre les feux de forêt à Quarre-les-Tombes, en France, le 28 mai 2026.

EN BREF
Six départements du sud de la France sont en alerte rouge pour feux de forêts, exacerbés par des vents forts et une canicule persistante.
Les forêts méditerranéennes, comme celles de pins d’Alep, ont développé des stratégies de résistance aux incendies, mais leur régénération est menacée par la fréquence accrue des feux.
Les forêts du nord, moins adaptées, pourraient bénéficier de la migration assistée d’espèces méditerranéennes pour mieux résister aux incendies et aux sécheresses

En plein été, les forêts peuvent se transformer en un immense tas de combustible. Les feuilles se recroquevillent sous la chaleur, les branches mortes s’accumulent au sol et le bois perd peu à peu son humidité. Ajoutez à cela des températures caniculaires : il ne manque plus qu’une étincelle pour transformer le paysage en brasier.

C’est précisément la situation redoutée dans le sud de la France ce mercredi 1er juillet. Six départements sont placés en alerte rouge feu de forêts par Météo France : les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, Gard, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Il s’agit du plus haut niveau d’alerte.

Trois autres départements, le Var, l’Ardèche et la Drôme sont en vigilance orange, soit un niveau de « danger élevé » de feux de forêt. Ces alertes sont à prendre très au sérieux. En cause, des vents forts attendus ce mercredi : la tramontane et le mistral pourraient souffler jusqu’à 80 km/h sur des massifs déjà fortement desséchées, après dix jours consécutifs de canicule exceptionnelle, la deuxième depuis le début de l’année.

Pour autant, toutes les forêts ne sont pas égales face aux risques de feu. Alors que certaines s’embrasent très rapidement, d’autres résistent davantage. Certaines espèces d’arbres, notamment les essences méditerranéennes, ont développé au fil de leur évolution des stratégies étonnantes pour résister aux incendies.

Le pin d’Alep et ses « bombes de graines »

« La bonne nouvelle, c’est que nos forêts méditerranéennes ont développé des stratégies face aux incendies », indique ainsi au HuffPost Bernard Prevosto, chercheur en écologie forestière pour l’INRAE. Parmi les espèces les mieux adaptées figure le pin d’Alep, qui couvre aujourd’hui plus de 300 000 hectares dans le sud de la France. À première vue, cet arbre semble pourtant mal armé face aux flammes. Son écorce est fine et ses aiguilles sont particulièrement inflammables.

Mais le pin d’Alep possède une arme secrète : ses cônes. Ces derniers « s’ouvrent sous l’effet de la chaleur et libèrent des graines qui vont être disséminées sur le sol », explique Bernard Prevosto. Après le passage des flammes, une nouvelle génération d’arbres peut ainsi recoloniser rapidement le terrain. « On peut avoir des régénérations extrêmement importantes avec plusieurs dizaines d’individus au mètre carré », précise le chercheur.

Cette stratégie a toutefois ses limites. Pour reconstituer sa réserve de graines, le pin d’Alep a besoin de 20 à 30 ans. Le véritable danger n’est donc pas nécessairement l’incendie lui-même, mais sa répétition. « Si un incendie repasse, mettons au bout de 10 ans, on perd le système forestier », résume Bernard Prevosto. Or, le changement climatique favorise des feux plus fréquents, plus intenses et plus étendus, réduisant le temps dont disposent les écosystèmes pour se reconstituer.

Les forêts du nord sont plus vulnérables

Le pin d’Alep n’est pas le seul à avoir développé des mécanismes de défense. Certaines espèces, comme le pin pignon ou le chêne-liège, possèdent une écorce épaisse qui les protège mieux de la chaleur. De leur côté, les feuillus méditerranéens, sont capables d’émettre des « rejets », c’est-à-dire de faire pousser un nouvel arbre à partir des racines du premier.

À l’inverse, les forêts du nord de l’Hexagone, sont bien moins capables de survivre aux incendies. « Ces écosystèmes n’ont pas développé au cours de leur évolution des stratégies d’adaptation au feu », indique Bernard Prevosto. « Par exemple, le hêtre qui y pousse a une écorce très fine et est très sensible à la chaleur. Il peut prendre même “des coups de soleil”. Et il n’est pas capable de se régénérer après un incendie. »

Contrairement à leurs congénères du sud de la France, ces arbres « ne pourront pas s’adapter à temps », prévient Bernard Prevosto. « L’adaptation génétique face aux incendies est un mécanisme évolutif extrêmement lent, qui s’inscrit des centaines de milliers d’années. Le changement climatique actuel va beaucoup trop vite ».

Pour gagner du temps, les forestiers testent une autre approche : la « migration assistée ». L’idée est d’introduire progressivement, dans les forêts du Nord, des essences méditerranéennes mieux adaptées aux sécheresses et aux incendies, comme le chêne vert ou le chêne pubescent. Une piste prometteuse, mais encore expérimentale, car ces arbres devront aussi résister aux hivers plus froids et s’intégrer sans perturber les écosystèmes existants.

Le principal danger reste l’humain

La meilleure façon de protéger nos forêts reste à ce stade de faire preuve de vigilance. Car en France, « 9 feux sur 10 sont d’origine humaine et principalement le fait d’une imprudence » rappelle Météo France. Une cigarette jetée par la fenêtre, un barbecue allumé dans une zone sèche, ou des travaux générant des étincelles… Il suffit souvent d’un petit geste anodin pour embraser toute une forêt.

Et alors que la troisième canicule de l’année se profile, protéger les forêts est devenu un enjeu majeur. Elles constituent non seulement des refuges de fraîcheur précieux pour les populations, mais jouent aussi un rôle essentiel de puits de carbone, contribuant à limiter les effets du changement climatique.

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