Ludivine Lasserre, 45 ans, est la bergère du Habert de Chamechaude. Avec son compagnon Johan, ses deux enfants, maxime 13 ans et Thomas 10 ans, et leurs chiens de conduite et de protection, ils gardent 800 brebis dans le massif de Chartreuse. Un métier passion, pas toujours facile.
Publié le mercredi 15 juillet 2026 à 12:19
Ludivine Lasserre, 45 ans, est la bergère du Habert de Chamechaude. Avec son compagnon Johan, ses deux enfants, maxime 13 ans et Thomas 10 ans, et leurs chiens de conduite et de protection, ils gardent 800 brebis dans le massif de Chartreuse. Un métier passion, pas toujours facile.
Ludivine, 8 estives au compteur, découvre le massif de la Chartreuse. Originaire des Hautes-Alpes, c'est la première fois qu'elle découvre cette montagne au rythme de ses 800 brebis qu'elle emmène paitre tous les jours. Elle est tombée amoureuse d'un berger et c'est comme ca qu'elle est devenue bergère. "On prend soin des bêtes, que j'appelle mes filles, mais aussi de la montagne, de la biodiversité. Quand on est au troupeau, le temps n'est plus le même, c'est un retour à l'essentiel. On sort les brebis et leurs agneaux du parc à 6 heures. L'après-midi, elles chôment, c'est-à-dire qu'elles se reposent et nous aussi ! Et on les rentre vers 22 heures. Ca fait des grandes journées. Mais on est au rythme de la nature."
Le manque d'eau, en raison de la canicule, commence à se faire sentirAvec sa famille, elle vit en ce moment au Habert de Chamechaude, une cabane de berger. Ensuite elle ira habiter dans celle de Bachasson. Mais à cause de la canicule, pas toujours simple d'avoir de l'eau sur l'alpage : "Les torrents sont en train de se tarir à cause de la canicule. Nos éleveurs vont nous monter une tonne à eau et la mairie du Sappey-en-Chartreuse prend de nos nouvelles pour savoir comment nous aider. Avec les enfants, on est aussi aller chercher de l'eau avec des jerricans à Bachasson où la source coule toujours." Et Ludivine ajoute en riant : "Et puis moi, je suis assez fan de la danse de la pluie ! Lors de la première vague de chaleur, on a fait la danse de la pluie et çà a marché. On a pu remplir la citerne!"
Il y a aussi 40 % d'herbe en moins sur l'alpage de Chamechaude cet été par rapport à l'an dernier. Alors Ludivine doit s'adapter. "Etre berger c'est savoir s'adapter, tout le temps ! Donc, là, sur les secteurs où l'on serait rester 15 jours, là on va rester 10 jours, pour ne pas surpâturer !"
Ludivine garde 800 brebis et agneaux, pour le compte d'un éleveur qui la salarie - @Ludivine Lasserre Le loup s'adapte aussi et attaque de plus en plus en plein jourAutre difficulté, la présence du loup. Ludivine, en plus de ses chiens de conduite, dispose de deux chiens de protection, des patous. Le troupeau passe la nuit dans un parc électrifié. "Mais le loup s'adapte aussi" remarque-t-elle "Et il attaque de plus en plus en plein jour, quand les brebis sont un peu éparpillées dans l'alpage. C'est pour cela qu'il faut toujours être près du troupeau. Alors quand il nous en prend une, je me dis que c'est la part du loup. Mais il ne faudrait pas que ce soit tous les jours !"
Un chant corse en pleine montagneBergère, un métier qui se féminise de plus en plus, depuis une bonne dizaine d'années. C'est aussi un métier passion mais qui peut parfois être difficile. Ludivine se souvient d'un moment qui l'a particulièrement marquée. Alors qu'une année, elle gardait les moutons dans le Queyras, au début de l'automne, elle a fait une rencontre improbable avec des randonneurs qui lui avaient redonné la pêche : "J'étais fatiguée, c'était la fin de l'estive, j'en avais un peu marre et je me demandais ce que je faisais là ! Des randonneurs arrivent, je n'avais pas envie de leur parler. Et puis je suis quand même allée à leur rencontre. Et là, ils m'ont fait un cadeau incroyable. Ils m'ont chanté en corse, à plusieurs voix, le chant de la bergère. J'en ai encore des frissons. Ce chant était d'une puissance incroyable, en plus entonné en pleine montagne, dans ce paysage grandiose ! Et cela m'a redonné du baume au cœur pour finir l'estive!"
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Ludivine Lasserre, 45 ans, est la bergère du Habert de Chamechaude. Avec son compagnon Johan, ses deux enfants, maxime 13 ans et Thomas 10 ans, et leurs chiens de conduite et de protection, ils gardent 800 brebis dans le massif de Chartreuse. Un métier passion, pas toujours facile.
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