En Lot-et-Garonne, le risque lié aux feux de forêt est estimé comme "sévère" par les pompiers du Sdis 47 depuis le mercredi 24 juin. Tandis que l’enquête, destinée à identifier l’origine des incendies de Boussès et de...
En Lot-et-Garonne, le risque lié aux feux de forêt est estimé comme "sévère" par les pompiers du Sdis 47 depuis le mercredi 24 juin. Tandis que l’enquête, destinée à identifier l’origine des incendies de Boussès et de Durance, suit son cours, les prévisions météorologiques des prochains jours font craindre l’apparition de nouvelles flammes.
Avec un mercure qui pulvérise les records, des sols rendus arides par un calendrier pluvial saccadé, le Lot-et-Garonne entre dans la configuration "des trois 30". Soit, dans l'argot des sapeurs-pompiers, un mélange de conditions propice à des départs de feu. "Nous avons des vents à plus de 30 km/h. Des températures à plus de 30 degrés. Et des degrés d'hydrométrie, c'est-à-dire l'humidité de l'air ambiant, à moins de 30 %", illustre le colonel Xavier Pergaud, directeur départemental adjoint du SDIS 47.
En ont résulté deux incendies d'ampleur à Boussès et Durance, nécessitant l'engagement de 170 sapeurs-pompiers et d'une soixantaine d'engins, dont des moyens aériens, avant que vingt autres hectares ne soient décimés par les flammes du côté de Moncaut. L'origine des deux premiers feux, détectés par les moyens du SDIS 47 grâce aux caméras de vidéosurveillance du massif des Landes de Gascogne, n'a pas encore été identifiée. Une enquête, diligentée par une cellule spécialisée dans la recherche des causes et des circonstances d'un incendie, mêlant la gendarmerie, les pompiers et la Défense des forêts contre l'incendie (DFCI), sous l'autorité du procureur de la République, est ouverte en ce sens.
Les indicateurs sont au feu orangeDepuis le mercredi 24 juin, le risque lié aux feux de forêt est catégorisé comme "sévère" en Lot-et-Garonne, soit l'un des derniers paliers d'une échelle allant de "faible" à "extrême". "On est sur des conditions exceptionnelles, particulièrement dégradées. Il fait chaud, il n'y a pas eu de pluie depuis très longtemps. On a de grosses températures et des degrés d'hydrométrie qui se trouvent aux alentours de 17 %. À partir de là, toute étincelle met le feu à la forêt", contextualise l'officier. Dès lors, la saison des moissons ne fait pas bon ménage avec la canicule, des engins agricoles ayant été la cause de plusieurs sinistres dans le département ces derniers jours.
Les orages secs envisagés par les météorologues, dès le début de soirée ce jeudi 25 juin, augurent de nouveaux départs de feu. "Le risque est majeur. Il faut espérer que les éclairs ne tombent pas dans la forêt, au vu de la sécheresse qu'elle présente. Mais on s'y prépare", exprime le colonel Pergaud.
Estimation régulière du niveau de dangerChaque jour, des vérifications effectuées par les sapeurs-pompiers, mais également l'Office national des forêts et les associations de défense des forêts contre l'incendie, permettent d'estimer le niveau de danger lié aux feux de forêt. Les agents du SDIS 47 assurent quotidiennement des "reconnaissances opérationnelles" sur le terrain.
"Nous prenons en compte les facteurs de prévision météorologique avec Météo-France. Nous avons mis en place une dizaine d'indicateurs de la végétation et du sol, qui permettent de déterminer la vitesse et l'indice de propagation d'un incendie. Au niveau du sol, nous avons l'indice de sécheresse et la teneur en eau des végétaux. On regarde également l'indice d'humidité sur la partie basse du sol. On mesure toujours les mêmes végétaux : les essences arbustives, des plus basses comme la fougère ou encore les herbes particulières du massif des Landes de Gascogne, comme la molinie, qui sont très inflammables, aux pins, allant des petits aux très grands."
Engendré par une source humaine (défaut mécanique, incinération de déchets verts, jet de mégot de cigarette...) ou naturelle - comme dans le cas d'un orage -, un incendie ne trouve jamais seulement son origine dans une hausse des températures. "L'étincelle n'arrive jamais seule", garantit le professionnel.