Les missions liées à la Santé, à l’Agriculture et au Travail devraient perdre des millions d’euros de crédits, justifiées selon l’exécutif par le contexte budgétaire.
Les missions liées à la Santé, à l’Agriculture et au Travail devraient perdre des millions d’euros de crédits, justifiées selon l’exécutif par le contexte budgétaire.

ABDEL MAJID BZIOUAT / AFP
Sébastien Lecornu le 16 juillet 2026 au Maroc.
C’est le dernier budget de l’ère Macron et il promet d’être explosif. Le scénario sur lequel travaille actuellement le gouvernement prévoit une hausse des dépenses de l’État de 0,4 %, soit quatre fois moins que l’inflation (hors défense et remboursement de la dette). Il y aura donc forcément des mécontents.
À commencer par les secteurs de la Santé, de l’Agriculture et du Travail, dont les missions seront les plus impactées par les baisses de crédit. C’est ce qui ressort du document transmis mercredi par le gouvernement au Parlement. Y est affichée la volonté de « poursuivre les efforts en faveur du redressement » des finances publiques.
Par exemple, le plan d’investissement France 2030 subira une nouvelle coupe budgétaire, de 400 millions d’euros. Tout comme l’aide publique au développement (-300 millions d’euros), et les « relations avec les collectivités territoriales » (-200 millions d’euros). Les crédits du volet « régimes sociaux et de retraite » diminueront eux aussi, de 400 millions d’euros, « sous l’effet notamment de la démographie baissière constatée sur certains régimes spéciaux ou encore de mesures de trésorerie », indique le document.
S’il n’a aucune prise sur leurs budgets, l’exécutif demandera aussi aux collectivités de se serrer la ceinture au maximum, et de ne pas augmenter leurs dépenses au-delà de l’inflation. Ces premières annonces ne sont pas une surprise puisque dès le mois de juin, Sébastien Lecornu avait écrit à ses ministres pour leur demander de revoir à la baisse leurs demandes.
Des dossiers majeurs seront tout de même appuyés par le gouvernement en 2027, comme l’Écologie, qui gagnera 1,5 milliard d’euros. Une hausse jugée nécessaire au regard de l’accélération du dérèglement climatique et de la multiplication des phénomènes exceptionnels, comme la canicule ou les inondations.
Des pistes déjà critiquéesL’Éducation nationale décrochera une hausse de 800 millions d’euros, la Recherche et l’Enseignement supérieur 600 millions et la Justice 400 millions. Les dépenses de la Sécurité sociale devraient, quant à elle, « croître plus vite » que l’inflation, avec une progression estimée autour de 17 milliards d’euros. Au total, la hausse des crédits des ministères devrait être limitée à 1,5 milliard d’euros.
« Ce budget doit être un budget de sauvegarde républicaine, ce n’est pas un budget pour régler des comptes idéologiques, puisqu’il y aura des élections en 2027 », a exprimé le ministre des Comptes publics David Amiel jeudi sur franceinfo. Des déclarations qui ne sont pas de nature à rassurer les oppositions.
À La France insoumise, le député Éric Coquerel, également président de la commission des Finances, a expliqué sur TF1 mercredi qu’il fallait « faire l’inverse de ce que dit le gouvernement ». « Il faut revenir sur les cadeaux fiscaux qu’on a faits depuis 2017 à hauteur de dizaines de milliards aux plus riches ». Au Rassemblement national, le député Matthias Renault peste : « Le gouvernement laisse le prochain président assumer ce qu’il n’a jamais eu le courage de faire ». Et peste : « Il ne prévoit aucun arbitrage politique. C’est un faux budget, provisoire, minimaliste ».
Quatre économistes ont par ailleurs rendu, mercredi, un rapport alarmant sur l’état des finances. Selon eux, le déficit public, qui devrait tourner autour de 5 % du PIB cette année (et donc déjà supérieur aux 3 % exigés par Bruxelles), pourrait déraper à 5,9 % l’an prochain. Et même à 6,8 % en 2030. En précisant bien que c’est à « politique économique inchangée ».
Ces économistes appellent l’actuel gouvernement et les futurs à réaliser 126 milliards d’euros d’ici à la fin du prochain quinquennat. Si le Président élu l’an prochain laissait la dette s’envoler, cela aurait « un coût rédhibitoire », et, selon David Amiel, entraînerait « un très grand décrochage ». Les débats de la campagne présidentielle ne font que commencer.