Né en 1995 à Rodez, l’homme présenté devant le tribunal de Rodez ce jeudi 9 juillet n’en est pas à son coup d’essai en matière de corruption de mineur. Son casier judiciaire fait état de trois condamnations pour ces...
Né en 1995 à Rodez, l’homme présenté devant le tribunal de Rodez ce jeudi 9 juillet n’en est pas à son coup d’essai en matière de corruption de mineur. Son casier judiciaire fait état de trois condamnations pour ces faits, en l’occurrence la sollicitation d’une mineure pour l’envoi de photos ou vidéos dénudées.
À son actif également, un viol sur mineure (sa sœur), des violences conjugales, la détention d’images pédopornographiques ou plusieurs conduites sous l’emprise de stupéfiants. Des faits qui l’ont conduit en prison mais aussi à porter un bracelet électronique pour une peine de détention à domicile.
"Tu m’envoies des photos ou je viens chez toi te tuer ainsi que tes parents"C’est une fillette de 11 ans, résidant en Meurthe-et-Moselle, qui a cette fois fait les frais des exactions de l’homme, âgé aujourd’hui de 31 ans et habitant dans le Sud-Aveyron.
Un soir, la jeune fille reçoit un SMS : "Tu m’envoies des photos ou je viens chez toi, te tuer toi et tes parents". Il émane du trentenaire qui a obtenu de la jeune fille son numéro de téléphone portable sur la plateforme Club Cooee.
L’homme sollicite bien évidemment des photos ou vidéos dénudées.
La faute, pour lui, à un suivi socio-judiciaire défaillant. "Un rendez-vous avec le psy tous les quatre mois", s’insurge-t-il.
En échange de ces envois, il propose de la payer avec de la monnaie virtuelle de la plateforme électronique. 5 € pour un "nude" (une photo nue), 10 € si on y voit le vagin ou les fesses…
"Kévin m’a demandé d’envoyer mes fesses"La jeune fille s’exécute, par peur après les menaces sur sa famille, et c’est sa mère qui, un soir, découvre les photos sur son téléphone.
"Kévin m’a demandé d’envoyer mes fesses", explique-t-elle alors. Kévin, c’est le pseudo du trentenaire qui se présente comme âgé de 21 ans. Dans le pseudo de la jeune fille figure une date : 2014. Ce qui a priori ne laisse planer aucun doute sur son âge.
"Kévin" reconnaît les faits, qu’il a demandé ces photos et vidéos. Dans ses déclarations au sujet des rencontres sur ce jeu, il confie aux enquêteurs : "Si je tombe sur une majeure, c’est cool. Si je tombe sur une mineure, c’est moins cool… Mais je prends". Aucun souvenir des menaces contre la fillette et sa famille, en revanche. Il affirme ressentir des "pulsions" et l’expertise psychiatrique qu’il a subie évoque, en vrac, une personnalité instable, des troubles psychiatriques chroniques ou une altération du discernement.
Pas un "violeur qui attend les petites filles au coin d’un bois"La procureure de la République demande à son encontre, notamment, deux ans de prison ferme et un suivi sociojudiciaire renforcé de 10 ans.
"Les faits sont reconnus. C’est une personne malade avec une altération de son discernement", souligne son avocat Me Balanger, demandant une "peine aménageable" sous surveillance électronique. Car son client n’a rien du "violeur qui attend les petites filles au coin d’un bois".
Le tribunal, présidé par Blandine Arrial, est finalement allé au-delà des réquisitions de la procureure, prononçant à l’encontre de l’Aveyronnais une peine de trois ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt.