Dans la Sarre, près de la frontière française, Völklinger Hütte, aciérie inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, s’est transformée en lieu culturel avec, jusqu’à mi-novembre, sa biennale d’art urbain.
Sur la place des hauts fourneaux, installation de Tomas Lacque, intitulée « le Silence des départs ». CELINE FELBER/WELTKULTURERBE VÖLKLINGER HÜTTE
Pour aller plus loin
Où finit l’industrie, où commence la création ? Entre urbex (exploration urbaine) et street art, le gigantesque complexe sarrois de Völklinger Hütte ne fait pas de distinction depuis que ses hauts fourneaux se sont éteints, en 1986, et que la biennale d’art urbain a été lancée, en 2011. Entre-temps, le lieu a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1994, car c’est « la seule usine sidérurgique intégrée construite et équipée aux XIXe et XXe siècles […] qui soit restée intacte ». L’ancien fleuron de l’industrie allemande est ouvert au public toute l’année. Et, tous les deux ans, de nouvelles œuvres d’art urbain viennent enrichir la trentaine déjà disséminée sur les 6 hectares du site. Ce fil rouge permet d’explorer en profondeur le dédale de métal où l’entrelacement de tuyaux et passerelles rouillés évoque les entrailles d’un colosse d’acier dont l’esthétique brute est impressionnante.
La cinquantaine de créateurs européens ou américains invités à la 8e édition de la biennale, inaugurée début mai et se déroulant jusqu’à mi-novembre, jouent avec la singularité de l’environnement, y compris naturel. Car la végétation a envahi certaines zones désaffectées, en particulier celle autref…

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