Le 15 juillet 2026, la préfecture a pris un arrêté qui autorise des dérogations relatives aux délais de transport des corps avant la mise en bière. Une disposition valable jusqu’au 31 août, et qui vise, en cas de...
Le 15 juillet 2026, la préfecture a pris un arrêté qui autorise des dérogations relatives aux délais de transport des corps avant la mise en bière. Une disposition valable jusqu’au 31 août, et qui vise, en cas de surmortalité causée par la canicule, à "assurer la continuité du service funéraire".
Début juillet 2026, alors que le territoire sortait d’une éprouvante canicule, Santé publique France (SPF) livrait un premier tableau de la surmortalité, évoquant une hausse d’environ 30 % au niveau national (62 % en Ile-de-France) pour la dernière semaine de juin par rapport à la semaine précédente. Vendredi 17 juillet, SPF a cette fois publié une actualisation dédiée à l’Ile-de-France, pour la période du 22 au 28 juin 2026. Encore une fois, bien sûr, pour rappeler le "contexte de vague de chaleur", à l’heure de parler d’une "très forte surmortalité" : un excès chiffré à "122 %, soit 1 565 décès entre le nombre de décès attendu et celui observé". Un chiffre majeur, avec des plus de 65 ans représentant "82,4 % des décès survenus".
L’occasion pour SPF de rappeler que les "décès liés à la canicule ne résultent pas seulement des conséquences immédiates de la chaleur (hyperthermie, coup de chaud ou déshydratation)", mais que "certains effets peuvent arriver plusieurs jours après ces épisodes caniculaires et provoquer d’autres défaillances dans le corps, mis à rude épreuve".
Pas d’excès de mortalité pour l’heure en OccitanieDes constats à laquelle la région Occitanie a eu la chance d’échapper. Dans son bulletin de "Surveillance sanitaire de la mortalité toutes causes confondues" publié le 8 juillet, SPF évoquait un "excès de mortalité tous âges […] observé en S26-2026 (du 22 au 28 juin 2026, Ndlr) dans toutes les régions hexagonales, à l’exception de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse et Occitanie" (données non consolidées, Ndlr). Le bulletin du 15 juillet a confirmé cette particularité, avec, du 29 juin au 5 juillet, un "excès de mortalité tous âges […] encore observé dans les régions Ile-de-France, Centre-Val de Loire, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté". Il avait fallu attendre la semaine 28, cette fois du 6 au 12 juillet, pour que l’Occitanie soit marquée par une hausse de 11 % du nombre de décès certifiés par voie électronique, soit 86 décès de plus que la semaine précédente. Tout relatif : les indicateurs les plus récents de l’Insee permettaient de chiffrer à 1 146 le nombre de décès sur la région entre les 25 et 31 mai.
Des passages aux urgences liés à la canicule à un niveau "élevé" mais "attendu"Des données rassurantes. D’autant plus qu’une autre publication hebdomadaire de SPF, "Canicule et santé en Occitanie", apportait le 16 juillet 2026 des éléments "positifs", notamment grâce à l’indicateur sanitaire iCanicule, qui permet de chiffrer les recours aux urgences pour des coups de chaleur ou hyperthermies, les déshydratations et les hyponatrémies. Pour SPF, "l’analyse au niveau régional des recours aux soins d’urgences indique une diminution de l’indicateur […] par rapport aux jours précédents, mais à un niveau encore élevé, niveau attendu compte tenu des chaleurs persistantes". Le 14 juillet 2026, les passages aux urgences relevant d’iCanicule représentaient 0,6 % de l’activité en Occitanie (1,1 % le 8 juillet) ; à l’échelle de l’Aude, la part de "passages codés iCanicule" était au plus bas, comprise entre 0 et 0,2 %.
Je pense que la préfecture anticipe et prend ses dispositions
C’est dans ce contexte que la préfecture de l’Aude a choisi de prévenir et de faire preuve d’anticipation. Le mercredi 15 juillet, un arrêté portant "dérogation aux délais de transport de corps avant mise en bière" a ainsi été signé, pour une période courant jusqu’au 31 août. Une mise en bière, moment où le corps est installé dans le cercueil avant l’inhumation ou la crémation, réglementée par le code général des collectivités territoriales (CGCT) : "Sauf dispositions dérogatoires, les opérations de transport de corps avant mise en bière du corps d’une personne décédée sont achevées dans un délai maximum de quarante-huit heures à compter du décès." C’est justement cette durée qu’évoque l’arrêté, destiné à "assurer la continuité du service funéraire en cas d’épisodes répétés de canicule" et qui, considérant que "le délai légal […] ne peut être respecté dans les conditions climatiques exceptionnelles", permet donc d’accorder une dérogation "pour une durée maximale de 72 heures à compter de chaque décision individuelle de transport".
24 heures de plus, et une marge qui permettrait de faire face au potentiel impact sur la mortalité qu’aurait une canicule. C’est en tout cas ainsi que Loïc Bouzat, gérant de l’agence de Carcassonne des pompes funèbres Crabol lit l’arrêté : "Les vagues de chaleur ou les canicules qui ont eu lieu en mai, juin et juillet n’ont pas généré de surmortalité. Je pense que la préfecture anticipe et prend ses dispositions, pour ne pas se retrouver dans la même situation qu’à Paris ou en Ile-de-France, où ils ont eu du mal à assimiler la charge de décès causés par les canicules."