Le 28 juillet 2024, Paul Bendiche-Desplats, 16 ans au moment des faits, chute de huit mètres depuis le toit d’une ancienne usine à Bon-Encontre. Deux ans plus tard, après plus de vingt opérations et un long parcours...
Le 28 juillet 2024, Paul Bendiche-Desplats, 16 ans au moment des faits, chute de huit mètres depuis le toit d’une ancienne usine à Bon-Encontre. Deux ans plus tard, après plus de vingt opérations et un long parcours de rééducation, le jeune Foulayronnais accompagné de ses parents lance l’association "Une Seconde" pour sensibiliser les adolescents aux accidents de la vie et aux conduites à risque. On vous raconte leur histoire.
"On voulait juste voir le coucher du soleil. La seconde d'après, ma vie a basculé." Deux ans après l’accident qui a failli lui coûter la vie, Paul Bendiche-Desplats raconte avec une lucidité désarmante cette soirée du 28 juillet 2024. Le jeune homme de 16 ans au moment des faits, originaire de Foulayronnes et scolarisé à Agen, se trouvait avec des amis sur le site de l’ancienne blanchisserie Guyenne et Gascogne, à Bon-Encontre.
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Avec un ami, il grimpe sur le toit du bâtiment. "On n’avait pas vu que c’était des tôles", explique-t-il. Son ami chute le premier. Paul tente de le retenir, puis tombe à son tour, de huit mètres, "sur la tête". Il ne garde aucun souvenir de l’accident, ni même de son hospitalisation à Bordeaux. "Le seul souvenir que j’ai, c’est la rééducation au centre. Tout le reste, c’est un trou noir."
"On nous a dit qu’il était mort"Pour ses parents, le choc est brutal. "C’était l’horreur. On ne comprenait pas d’où ils avaient pu tomber." Le pronostic vital de Paul est engagé. Il est évacué en urgence à Bordeaux, où il passera quelques mois en réanimation, entrecoupés de complications pulmonaires et de nouveaux séjours en soins intensifs.
Sa mère se souvient d’un appel glaçant : "On nous a dit que Paul était tombé et qu’il était mort." Sur place, la famille découvre leur enfant grièvement blessé, inconscient. "À partir de ce moment-là, on devient spectateur. On subit tout."
Le parcours médical est long : Bordeaux, un premier centre de rééducation, Agen, Hendaye, puis le Gers. Plus de vingt opérations se succèdent. Une complication liée à une plaque qui a lésé son œsophage, l’empêchant de manger pendant plus d’un an. "Ce qui m’a beaucoup aidé à tenir le coup, c’est quand j’ai pu remanger normalement", explique le jeune garçon.
La mémoire instantanée effacée, la vie à réapprendreLa rééducation devient alors une reconstruction complète : marche, langage, mémoire, cognition. Aujourd’hui, il se déplace avec un déambulateur. "Au début, j’étais en fauteuil. Maintenant, j’ai progressé dans la marche et dans ma façon de m’exprimer." Les séances rythment encore son quotidien : kiné trois fois par semaine, orthophonie, psychomotricité, ergothérapie et suivi psychologique.
Ancien apprenti électricien, il sait qu’il ne pourra probablement plus exercer ce métier. "Je ne peux plus monter sur une échelle, c’est trop risqué." Il a également dû renoncer à la moto, une passion difficile à abandonner.
De cette épreuve est née une volonté de transmettre. Avec ses parents, Paul finalise les statuts de l’association "Une Seconde". Le nom résume leur histoire : "D'une seconde à l’autre, tout peut basculer."
Le jeune homme souhaite intervenir dans les collèges et lycées pour parler des accidents de la vie, des conduites à risque, du handicap et de la résilience. "Si mon histoire peut éviter à un seul jeune de vivre la même chose, alors cette épreuve aura eu un sens."
Ses parents espèrent que la parole de leur fils de 18 ans aura un impact différent auprès des adolescents. Ils veulent aussi aider les familles confrontées à un accident grave : trouver les bonnes informations, comprendre les démarches, rompre l’isolement.
L’association prévoit également des temps d’échange autour du handicap. "Le handicap fait peur", reconnaissent-ils. Depuis l’accident, Paul a vu certaines relations avec ses amis évoluer.
e 28 juillet prochain, cela fera deux ans jour pour jour que leur vie a basculé. En mars 2026, lorsque Paul est rentré définitivement à la maison, la famille a eu le sentiment de "revoir enfin le jour". Pour ses 18 ans, il s’est levé de son fauteuil pour danser. "J’y ai mis un point d’honneur", sourit-il aujourd’hui, avec l’humour qui, selon ses parents, ne l’a jamais quitté.
Le site est actuellement en construction, mais l'association est créée : une-seconde.fr.
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