Après l’incendie de Trévillach où près de 5 000 hectares sont partis en fumée début juillet près de Peprignan, le Syndicat des propriétaires forestiers privés appelle à une meilleure prise en compte des forêts privées...
Après l’incendie de Trévillach où près de 5 000 hectares sont partis en fumée début juillet près de Peprignan, le Syndicat des propriétaires forestiers privés appelle à une meilleure prise en compte des forêts privées des Pyrénées-Orientales.
Quelques semaines après l’incendie parti de Trévillach qui a ravagé près de 5 000 hectares dans les Pyrénées-Orientales, le Syndicat des propriétaires forestiers privés du territoire veut rappeler une réalité souvent méconnue : la forêt du département est majoritairement privée.
Début juillet, l’incendie parti de Trévillach a ravagé près de 5 000 hectares.
L'Indépendant - Archives Nicolas Parent
"Imaginer gérer la forêt sans les propriétaires forestiers, c’est oublier 70 % du territoire", souffle Éloi Bellier, le nouveau président du syndicat qui rassemble un peu plus de 200 adhérents. "Les Pyrénées-Orientales comptent près de 140 000 hectares de forêts privées, répartis entre 40 000 et 50 000 propriétaires."
Entretenir les forêts privéesUn patrimoine dont beaucoup de détenteurs ignorent parfois les obligations ou les bonnes pratiques en la matière. "Les propriétaires n’ont pas toujours les connaissances, le temps, l’énergie ou les moyens financiers pour entretenir leur forêt", poursuit Éloi Bellier.
Pour le syndicat, la prévention des incendies passe d’abord par une forêt entretenue. "Nous défendons une gestion raisonnée des massifs. Une forêt en bonne santé est beaucoup moins vulnérable au feu. Avec le changement climatique, les arbres souffrent davantage, produisent plus de bois mort et deviennent un combustible."
Le constat est particulièrement visible dans certaines parcelles du Vallespir où les arbres commencent à sécher par le sommet. "Ils sacrifient leurs cimes pour survivre. Ce bois mort finit au sol et augmente fortement le risque d’incendie", explique le nouveau président.
Alors, pour limiter ce phénomène, le syndicat accompagne les propriétaires dans leurs démarches. De l’élaboration des plans de gestion obligatoires aux conseils techniques, en passant par la création de chemins permettant l’accès des engins ou encore par des opérations de sensibilisation aux obligations légales de débroussaillement autour des habitations…
"Il ne s’agit pas seulement de couper des arbres. Derrière chaque intervention, il y a un savoir-faire forestier", souligne Caroline Sematiski, secrétaire générale du syndicat.
Nous n’avons pas de fichier. Si les gens ne viennent pas vers nous, il est très compliqué de les atteindre
Si la marche à suivre est bien connue, les responsables regrettent toutefois la difficulté à identifier et contacter les milliers de propriétaires privés. "Nous n’avons pas de fichier. Si les gens ne viennent pas vers nous, il est très compliqué de les atteindre."
Aussi, le syndicat souhaite aussi être pleinement associé aux réflexions engagées après l’incendie de Trévillach. "Quand le préfet réunit les acteurs de la forêt, il ne peut évidemment pas convoquer 50 000 propriétaires. Notre rôle est de les représenter et de porter leur voix", fait valoir l’administrateur Bruno Mariton. "Seuls, les propriétaires sont souvent démunis. Ensemble, nous avons les moyens de mieux protéger nos forêts face aux incendies."