L’histoire des Fous chantants s’écrit autant en coulisses que sur scène à Alès (Gard). Depuis le 20 juillet, les arènes du Tempéras se transforment en salle de spectacle pour le festival. Quelque soixante techniciens...
L’histoire des Fous chantants s’écrit autant en coulisses que sur scène à Alès (Gard). Depuis le 20 juillet, les arènes du Tempéras se transforment en salle de spectacle pour le festival. Quelque soixante techniciens s’affairent pendant plusieurs semaines pour accueillir les mille choristes fous. Les installations lumineuses et sonores, minutieusement préparées, sont testées chaque nuit pour garantir un spectacle exceptionnel.
Sacré tintamarre dans le quartier du Tempéras. Ici une grue, là des techniciens qui s’affairent à 25 mètres du sol. "Le 20 juillet, ce n’est pas le début de notre travail, c’est simplement le moment où il devient visible", résume Fabrice Schwingrouber, directeur de production artistique des Fous Chantants. À quelques jours de l’arrivée des choristes, les arènes du Tempéras n’ont encore rien d’une salle de spectacle. Tours, enceintes, projecteurs et câbles au sol, les arènes se préparent à accueillir le traditionnel concert des Fous Chantants.
Deux semaines d’installation… pour deux représentationsLe chantier a débuté le 20 juillet et mobilise une soixantaine de techniciens pendant près de deux semaines. Une démesure qui peut surprendre pour deux représentations seulement. Mais, en réalité, cette installation marque l’aboutissement d’un travail commencé bien en amont. "Dès l’automne, les équipes dressent le bilan technique de l’édition précédente et réfléchissent aux améliorations à apporter", détaille David Vincent, directeur musical et chef d’orchestre.
Les contraintes propres aux arènes du Tempéras obligent les organisateurs à concevoir chaque édition comme un défi technique. Avec plus de mille choristes réunis sur scène, impossible de reprendre les installations d’un concert classique. Les équipes installent ainsi plusieurs tours d’éclairage autour du site afin d’éclairer l’ensemble du chœur et de donner du relief au spectacle.
Fabrice Schwingrouber et David Vincent aux arènes du Tempéras.
Certains fabricants choisissent même les Fous Chantants pour présenter de nouveaux matériels de sonorisation ou d’éclairage dans des conditions inédites, profitant d’un spectacle unique par son ampleur. "Il y a de vidéos des Fous Chantants qui tournent aux États-Unis", se félicite le directeur.
Chaque année, le maire d’Alès se rend à l’accueil des choristes. Ce samedi matin, jour de lancement des Fous chantants, Christophe Rivenq n’a pas manqué à cette tradition. Après un tonnerre d’applaudissements venant de 1 000 paires de mains, au fort Vauban, l’édile a lancé sur le ton de l’humour : "Merci, je viens de me prendre pour un artiste, ça fait du bien !"
Une grande partie de cette préparation reste pourtant invisible. Pendant que les monteurs travaillent sur le terrain, les ingénieurs lumière reproduisent les arènes sur ordinateur afin de programmer virtuellement chaque projecteur. Une fois la nuit tombée, ils viennent tester leurs réglages jusqu’au lever du jour. Même principe pour le son : les répétitions sont enregistrées en multipistes, permettant aux techniciens de poursuivre leurs réglages alors même que les musiciens et les choristes ont quitté les lieux. "Ici, ça travaille jour et nuit", résume David Vincent
"J’ai souvent la sensation d’être à la Nasa"Cette organisation millimétrée répond à une autre contrainte : le temps. Les artistes invités ne rejoignent Alès qu’une semaine avant les concerts. En quelques jours seulement, il faut transformer des mois de préparation technique en spectacle vivant. "J’ai souvent la sensation d’être à la Nasa, confie David Vincent. On écrit tout à l’avance et, le jour où tout commence, on lance la fusée en espérant avoir fait les bons calculs."
Une comparaison qui résume bien les coulisses techniques des Fous Chantants : un travail de précision où chaque détail est pensé avant même que la première note ne résonne dans les arènes.