Le parc des Expositions d'Agen a été transformé en centre d'accueil d'urgence pour les sinistrés de Gironde et des Landes, où les feux font toujours rage. Dans la nuit du dimanche 26 juillet, plus de 50 personnes y...
l'essentiel Le parc des Expositions d'Agen a été transformé en centre d'accueil d'urgence pour les sinistrés de Gironde et des Landes, où les feux font toujours rage. Dans la nuit du dimanche 26 juillet, plus de 50 personnes y ont trouvé refuge, avec une capacité d'accueil pouvant atteindre 1500 personnes. Les autorités locales et les secours se mobilisent pour offrir un soutien logistique et psychologique.
"Ça a un peu été la course, mais on a pu rassembler le nécessaire... On nous a proposé le parc des Expositions d'Agen comme point d'hébergement." Aurélie et Alexandre, la trentaine, ont les traits tirés. Pour eux et leur fille de deux ans, la nuit a été courte. Et éprouvante. Ils font partie des sinistrés évacués en urgence, et sont arrivés de la commune du Barp, en Gironde, où le feu sévit toujours.
Ce dimanche 26 juillet, le parc des Expos Agen Agora comptait pas moins de 400 lits de camp, alignés dans la salle des congrès. La capacité d'accueil peut monter jusqu'à 1 500 personnes. Bruno André, préfet de Lot-et-Garonne, en lien avec le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, a pris la décision dans la nuit de transformer l'Agora en centre d'accueil. En milieu de matinée, plus d'une cinquantaine de personnes avaient été prises en charge.
"Ma femme travaille de nuit", explique Alexandre. Dès l'instant où lui et Aurélie ont reçu sur leur portable le message du système FR-Alert, ils ont compris que l'évacuation était imminente. À plus de 23 heures, le temps de préparer leur fille et leur chien - un yorkshire - et de rassembler quelques produits d'hygiène, le couple a ensuite pris la route en direction du Lot-et-Garonne.
Aurélie et Alexandre sont arrivés en pleine nuit après avoir reçu l'alerte d'évacuation.
Photo - Laurana Cazeneuve
"Nous n'avons pas de proches dans le coin, qui pourraient nous héberger", murmure Aurélie. "Mais on va sans doute pouvoir partir dans un hôtel par la suite, notre assurance prend en charge des hébergements pour quatre nuits."
Si Alexandre et Aurélie accusent le coup, leur fille, elle, a rencontré des camarades de son âge à quelques années près, et profite des Lego® et autres jouets à disposition grâce aux dons. "Au départ, ça a été un peu compliqué pour elle, quand il a fallu partir, c'est une bonne dormeuse", souffle Alexandre. "Elle se demandait ce qu'il se passait. Mais après avoir passé la nuit, ça allait mieux. Les enfants s'adaptent vite. Mieux que nous, d'ailleurs."
Dès l'instant où la décision d'ouvrir Agen Agora a été prise, la préfecture, l'Agglomération, la mairie d'Agen, la Protection civile et tous les services requis se sont mis en ordre de marche. Tout était prêt environ une demi-heure plus tard. "La situation est anxiogène, et il est primordial pour ces gens de trouver un premier accueil d'urgence, qu'ils puissent prendre un peu de repos", a souligné Bruno André.
De gauche à droite: Dalila Zane, sous-préfète de Villeneuve, Laurent Bruneau, maire d'Agen, Bruno André, préfet, Olivier Grima, président de l'Agglo, et un secouriste de la Protection civile.
Photo - Laurana Cazeneuve
Dans les personnes ayant passé la nuit au parc des Expos, certaines étaient en transit, rentraient de vacances et pensaient s'arrêter à Bordeaux le temps d'une pause. "On a des situations très diverses", déclare Jérôme Schrepf, directeur de cabinet du maire d'Agen. "Certains sont repartis tôt ce matin, d'autres restent encore un peu. Quoi qu'il en soit, ils peuvent prendre tout le temps dont ils ont besoin."
"Ils sont aux petits soins pour nous"Le Secours populaire prête main-forte pour la préparation des repas ; une petite épicerie a été mise en place au pied levé, de façon que de la nourriture soit disponible quelle que soit l'heure d'arrivée des réfugiés. Le gymnase Lomet met également à disposition ses douches individuelles.
Les secouristes présents sur Agen Agora sont également extrêmement utiles. Geneviève, octogénaire arrivée de Biganos vers trois heures du matin avec son fils, trouve du réconfort malgré la gravité de la situation. "Nous sommes très bien pris en charge", assure-t-elle. "Le personnel de secours est aux petits soins. Comme on a quitté la maison dans la précipitation, j'ai oublié ma canne, dont j'ai besoin pour me déplacer... Ils m'en ont fourni une de secours. On m'a aussi pris la tension, on m'a donné quelques médicaments... Tout est bien organisé. Je ne pensais pas devoir partir si vite, mais vu la vitesse des vents, il fallait s'y attendre..."
Lucas, jeune infirmier sapeur-pompier au sein du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) 47, offre une présence rassurante. "On se met à leur disposition. Quelques personnes ont eu besoin de soins rapides, mais rien de grave. On est surtout essentiels sur le plan psychologique. Ils traversent une épreuve pénible, ils sont fatigués, il y a l'angoisse, l'incertitude... Nous, on essaie de leur faire relativiser les choses autant que possible. On se met à leur disposition, on les accompagne du mieux qu'on peut."