1 500 coureurs, 456 bénévoles et des exploits d’anthologie : la sixième édition de l’Ultra Ariège a définitivement inscrit les Pyrénées ariégeoises au sommet du trail français avec une course "technique et aux...
l'essentiel 1 500 coureurs, 456 bénévoles et des exploits d’anthologie : la sixième édition de l’Ultra Ariège a définitivement inscrit les Pyrénées ariégeoises au sommet du trail français avec une course "technique et aux paysages à couper le souffle".
Le compte à rebours a pris fin, laissant place à un week-end d’anthologie. Du vendredi 17 au dimanche 19 juillet, l’UltrAriège a signé son grand retour au cœur des Pyrénées ariégeoises. Pour cette sixième édition, l’événement a tenu toutes ses promesses, repoussant les limites de l’endurance tout en célébrant la splendeur sauvage d’un territoire authentique.
Bien plus qu’une simple compétition sportive, ce rendez-vous s’est imposé comme une aventure humaine hors norme. Des centaines d’athlètes ont affronté des tracés techniques, dessinés entre crêtes aériennes, lacs d’altitude et vallées pastorales, sous les yeux d’un public conquis.
Pour orchestrer cette immense fête, la ville thermale d’Ax-les-Thermes est devenue le point névralgique du week-end. Plus de mille personnes se sont ainsi rassemblées pour accueillir chaleureusement les coureurs dans le parc du Casino, à l’ombre des arbres et sous un soleil radieux, transformant la zone en un véritable village sportif, festif et familial.
Succès populaire pour cette dernière édition de l'UltrAriège.
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Les festivités ont débuté dès le jeudi avec l’ouverture du village des partenaires. Cependant, le vendredi matin à 9 heures, les choses sérieuses ont commencé par le départ de la course reine : le mythique 160 km, en solo ou en relais, depuis la station de Guzet-Neige. Le samedi, la tension est montée d’un cran avec le coup d’envoi du redoutable 100 km à Mercus, suivi du 55 km depuis les Monts d’Olmes. Enfin, le dimanche a clôturé ce week-end intense avec le 23 km et le 15 km. Jacques Murat, directeur marketing de la Savasem, souligne d’ailleurs cette collaboration géographique : "C’est un événement particulier pour nous parce qu’il fait réellement la liaison entre les trois stations, d’est en ouest, avec le départ du 160 à Guzet, le passage au Mont d’Olmes et l’arrivée ici à Ax-les-Thermes."
"Un engagement financier moindre par rapport à d’autres courses"L’ADN de l’UltrAriège réside dans sa volonté de rester accessible. Robert Vicente, responsable bénévole et communication, rappelle fièrement la philosophie de l’organisation : "On a, je tiens à le dire, l’ultra le moins cher de France. Ce qui veut dire qu’on fait tout pour pas que ça soit démesuré financièrement et on veut rester à taille humaine."
Pour maintenir cet équilibre, l’événement limite volontairement ses jauges à 1 500 coureurs et s’appuie sur un réseau solide. "Le staff Orga, c’est 22 personnes à l’année. Et ensuite, là, aujourd’hui, on est 456 bénévoles", précise-t-il, avant d’ajouter une anecdote symbolique : "Les champions d’une année reviennent bénévoles d’une autre. Ça, c’est formidable."
Les élus ont salué cette nouvelle réussite de la course.
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Cette synergie locale engendre d’importantes retombées. Alain Naudy, conseiller départemental, confirme cet impact capital : "Le trail, c’est devenu un événement économique aussi. C’est du développement économique, parce que les gens sont là sur plusieurs jours. Je crois que c’est une véritable fête."
De plus, la dimension écoresponsable de l’épreuve séduit les institutions. Alexandre Berman, conseiller régional, salue cette démarche : "Vous êtes fidèles à cette démarche et chaque année vous êtes de plus en plus inventifs pour respecter le territoire, respecter l’environnement." Raymond Berdou, vice-président du conseil départemental, abonde dans ce sens en évoquant une "organisation très vertueuse". Même l’État salue cette réussite humaine. Le préfet de l’Ariège, Hervé Brabant, s’enthousiasme : "Le sport nous permet de faire humanité. On ne peut faire la fête du sport qu’avec les bénévoles."
"Ça doit être la deuxième ou troisième fois de ma vie que je suis première en scratch"Sur le plan purement sportif, cette édition a été marquée par un exploit retentissant sur le parcours de 55 kilomètres. La grande championne Blandine L’Hirondel a survolé les débats en s’imposant en 5 h 35. Non seulement elle s’est emparée de la première place féminine, mais elle a également devancé tous les hommes pour s’offrir une victoire historique au scratch général.
De grands sourires sur le podium.
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Installée récemment dans la région, elle a trouvé sur ces terres un terrain de jeu idéal : "Je prépare l’UTMB. 55 kilomètres, c’est parfait, ça fait une belle sortie longue. J’ai adoré le parcours, très complet. Il y avait des descentes techniques, des descentes roulantes. Il y avait tout." Sa performance majuscule a marqué les esprits, l’athlète confiant son bonheur avec le sourire : "Le deuxième est juste derrière moi, on s’est retrouvés juste à la fin, et chapeau à lui, il a fait une très belle course. Ça fait plaisir."
Première participation... et première victoireVingt-cinq heures et vingt-sept minutes d’effort absolu pour avaler les 168 kilomètres de la course reine. En survolant le mythique format 160 km de l’UltrAriège, Sylvain Mendez a marqué les esprits pour sa toute première participation. À 36 ans, ce kinésithérapeute du sport bordelais a dompté un parcours réputé pour sa férocité, s’offrant une victoire éclatante. "Un sentiment de bonheur. J’ai fait une très belle course. Je suis très heureux. Un sentiment d’accomplissement et de découverte du coin", livre-t-il avec fraîcheur à l’arrivée, encore marqué par la beauté sauvage du tracé.
Pourtant, s’entraîner pour un tel monstre depuis les terres plates de la Gironde relève du défi permanent. Ancien kayakiste à Pau converti au trail en 2014 par "l’appel des grands espaces", l’athlète avale entre huit et quinze heures d’entraînement hebdomadaire, s’exilant en montagne dès que possible. L’Ariège s’est révélée à la hauteur de sa réputation. "J’ai été hyper surpris de la difficulté du parcours ici. Je ne m’attendais pas à des portions aussi dures, des sentiers aussi variés", avoue le champion.
Entre la chaleur étouffante et l’humidité du sommet du mont Fourcat, les organismes ont souffert, compensés par une nuit "magnifique, bien étoilée". Sans reconnaissance préalable, le Bordelais a géré sa course d’une main de maître, collant à ses estimations initiales.
87 départements représentés lors de la courseSi le trail incarne souvent l’image d’une solitude extrême face aux éléments, le vainqueur de cette 6e édition tient à balayer ce cliché. Derrière l’homme qui franchit la ligne en solitaire se cache une véritable armada logistique et affective. Sylvain Mendez n’a pas couru seul : sa compagne et ses copains de Bordeaux ont assuré une assistance millimétrée à chaque ravitaillement, allant jusqu’à tourner un film sur son exploit. "C’est la grande réussite aussi d’une course comme ça, d’être encouragé. C’est un gain de temps énorme. Très précieux de pouvoir avoir des proches qui sont là pour nous faire le ravitaillement puis toutes les bonnes énergies, les encouragements, le soutien moral. On court tout seul, mais toute la semaine il y a les proches qui sont aussi à mes côtés. Seul, c’est impossible de faire une course de cette intensité-là sans assistance."
Les soutiens des gagnants étaient là pour les entourer.
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Cette communion humaine sur les sentiers ariégeois a définitivement conquis le coureur, qui promet déjà de revenir. Son calendrier s’annonce d’ailleurs dantesque : il sera de retour dans le département dès le mois d’août sur le format 70 km de la PicAriège, une étape cruciale pour préparer son objectif ultime de la saison, la redoutable Diagonale des Fous à La Réunion. Un très gros programme pour un athlète d’exception.
Le maire d’Ax-les-Thermes, Alain Pibouleau, n’a pas caché son admiration face à l’ensemble des participants qui ont bravé la chaleur et les sentiers techniques : "87 départements sont représentés sur cette course. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, nous sommes le centre de la France. Le premier nous fait 25 heures et des poussières… et les derniers, 52 heures à l’instant, ils viennent d’arriver. Je vais féliciter non pas les premiers, mais les derniers. Parce que je pense que ce sont eux qui, finalement, représentent le plus le monde du trail, c’est-à-dire de l’effort solitaire, dans l’anonymat le plus total, mais avec un seul objectif, arriver."
Grâce à une gestion impeccable de la sécurité et des ravitaillements face aux températures estivales, cette sixième édition s’impose comme un succès total, garantissant l’avenir de l’épreuve pour les années à venir.