Moins d'un mois après la décision de la cour de révision rejetant la demande de réhabilitation de Raymond Mis et Gabriel Thiennot les élus de Saint-Benoît-du-Sault (Indre) ont échangé sur l'avenir de l'espace Mis et Thiennot inauguré en septembre dernier.
Publié le vendredi 24 juillet 2026 à 18h24
Moins d'un mois après la décision de la cour de révision rejetant la demande de réhabilitation de Raymond Mis et Gabriel Thiennot les élus de Saint-Benoît-du-Sault (Indre) ont échangé sur l'avenir de l'espace Mis et Thiennot inauguré en septembre dernier.
C'est une question qui agite les débats, en particulier sur les réseaux sociaux : faut-il ou non conserver les espaces publics Mis et Thiennot en Berry, après la confirmation des condamnations pour meurtre des deux hommes ? Début juillet, la cour de révision a rejeté la demande de réhabilitation portée par les soutiens de Raymond Mis et Gabriel Thiennot. Ces derniers restent persuadés de l'innocence des deux chasseurs qui avaient avoué sous les coups avant de se rétracter, mais d'autres habitants de l'Indre estiment qu'il est indigne de conserver les noms des deux brennous, condamnés pour le meurtre du garde-chasse Louis Boistard en décembre 1946.
Le conseil municipal de Saint-Benoît-du-Sault s'est penché sur la question, ce jeudi 23 juillet 2026, devant des spectateurs plus nombreux que d'accoutumée. Tout un symbole dans cette commune, la dernière dans l'Indre à avoir inauguré un lieu Mis et Thiennot en septembre 2025, sous la précédente municipalité.
Les deux camps présents dans la salle du conseil municipalEnviron une trentaine de personnes sont venues assister aux débats. Des membres du comité Mis et Thiennot, identifiables à leurs pin's et casquette qui clament "Mis et Thiennot innocents". Mais aussi un groupe de personnes qui se présentent, pour certaines comme des habitants des communes du secteur. Dans ce groupe, on retrouve notamment Francis Bergeron, président de l'association "Vérité pour le 29 décembre 1946", qui se mobilise désormais pour faire débaptiser les lieux publics Mis et Thiennot, explique-t-il. Cet ancien candidat pour le Rassemblement National aux élections départementales de 2021 a créé son association il y a quatre ans. Paul-Emmanuel Thore, figure du nationalisme, situé par plusieurs médias a l'extrême droite, -, ce qu'il conteste - est également dans la salle. Les représentants sont tous là pour le dernier point inscrit à l'ordre du jour du conseil municipal, le point numéro 15, intitulé "Abrogation - délibération concernant la création d'un espace Mis et Thiennot".
Contrairement à ce que pourrait laisser croire cet intitulé, il n'est pas question de voter une quelconque abrogation lors de ce conseil municipal, explique le maire, Christian Brec : "L'intention c'était qu'on discute de ce point pour savoir, si on avait une injonction de la préfecture [demandant d'enlever ces panneaux] ou une convocation au tribunal administratif, quelle était la position de l'ensemble des conseillers". Une prise de température en somme, après les déclarations des avocats de la partie civile, la fille du garde-chasse, qui ont demandé à la trentaine de communes berrichonnes concernées de débaptiser les lieux publics Mis et Thiennot, sous menace de poursuites devant la justice administrative. Le maire de Saint-Benoît-du-Sault veut anticiper une éventuelle injonction qui tomberait en plein milieu de l'été, détaille-t-il. Christian Brec assure ne pas avoir de position personnelle sur la question, et être à l'écoute de tous.
Une position communeLa question, finalement, ne fait pas vraiment débat au sein du conseil municipal. D'ailleurs, cela occupe à peine plus de 10 minutes de discussion, sur les près d'1h30 qu'a duré la séance. Ceux qui s'expriment sont d'accord pour conserver la dénomination, en attendant une éventuelle injonction. Une position dans la lignée de celle du maire de Châteauroux, Gil Avérous, estime Christian Brec. Parmi les conseillers municipaux d'opposition aussi on se félicite. "On est rassurés. L'ensemble du conseil a dit que s'il avait le choix il gardait l'espace, donc c'est quand même un engagement assez fort", souligne Damien Barré, par ailleurs ancien maire, c'est lui qui avait inauguré l'espace Mis et Thiennot de Saint-Benoît-du-Sault.
Tout ça pour ça ? Ce point inscrit à l'ordre du jour révèle tout de même des tensions. Entre le nouveau maire et l'ancien, qui se sont par ailleurs "affrontés" sur d'autres points à l'ordre du jour. Mais aussi entre les deux camps présents dans la salle, qui se sont exprimés en amont sur les réseaux sociaux. "C'est un débat qui tout de suite a flambé", décrit le maire, Christian Brec. Il précise d'ailleurs qu'en cas de vote sur ce sujet, cela se fera à bulletin secret, "que personne ne soit gêné par son positionnement".
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