Éloïse Gonzales, gérante de la boutique La Petite Ariégeoise à Foix, en Ariège, dénonce une succession de dégradations, de vols et d'incivilités visant son commerce. Un acharnement qui affecte profondément la jeune...
l'essentiel Éloïse Gonzales, gérante de la boutique La Petite Ariégeoise à Foix, en Ariège, dénonce une succession de dégradations, de vols et d'incivilités visant son commerce. Un acharnement qui affecte profondément la jeune entrepreneuse. La Dépêche du Midi vous explique.
Chaque matin, c'est la même angoisse. Avant même d'ouvrir les portes de sa boutique, Éloïse Gonzales redoute ce qu'elle va découvrir devant sa devanture. Depuis le début du mois de juillet, la gérante de La Petite Ariégeoise, située au 38, rue des Chapeliers, à Foix, affirme être la cible d'une succession d'incivilités et de dégradations qui rythment désormais son quotidien.
Installée dans le centre-ville depuis le 3 décembre 2025, la commerçante, spécialisée dans la vente de crêpes, de biscuits et d'objets souvenirs, assure que les premiers incidents remontent à plusieurs mois. "J'en avais déjà eu, certains faisaient grincer des dents, comme des excréments de chien sur le tapis de l'entrée ou de l'urine sur mon drapeau", raconte-t-elle. Mais, selon elle, la situation s'est brusquement aggravée. Les faits seraient désormais quasi quotidiens, allant du client "irrespectueux" aux vols, en passant par les dégradations de sa vitrine.
Un dessin vandalisé en pleine rueLe mardi 21 juillet 2026, c'est son illustration réalisée sur la vitrine qui est prise pour cible. Un dessin auquel la jeune femme dit avoir consacré deux jours de travail. "J'aime Foix, j'en suis amoureuse, alors j'ai voulu mettre mon patrimoine en valeur. Ce dessin, j'y ai mis du cœur et deux jours pour le réaliser", explique-t-elle.
À son arrivée, elle découvre qu'un sexe masculin a été dessiné par-dessus son œuvre. Une partie du dessin a également été effacée et un œil décoratif, utilisé pour les loisirs créatifs, a été collé sur celui du cheval représenté sur la fresque. "C'est un coup au moral", confie-t-elle. "Parfois, cela arrive même en journée. Je ne sais pas si ce sont des locaux ou des touristes, mais je vois des enfants effacer du bout du doigt le dessin. Les parents, eux, regardent et ne disent rien. C'est catastrophique."
Pour tenter de protéger son travail, Éloïse Gonzales a cherché des solutions, notamment en réalisant ses dessins depuis l'intérieur du magasin. Une idée rapidement abandonnée. "Je vous garantis que, même vide, il est impossible à déplacer", explique-t-elle en évoquant le meuble qui bloque l'accès à la vitre.
Terrasse occupée et décorations voléesLes difficultés ne s'arrêtent pas à la vitrine. La terrasse du commerce est, elle aussi, régulièrement victime d'incivilités. "Un touriste s'y est installé sans consommer malgré mon refus, ou des vélos ont été attachés à la barrière. Je n'ai pas eu accès à ma terrasse jusqu'à midi, sans compter les mégots de cigarette", déplore la commerçante.
Elle affirme également que les décorations qu'elle installe sur les tables disparaissent systématiquement. Résultat, elle préfère désormais les conserver à l'intérieur de son établissement. Mais là encore, les désagréments continuent.
"J'ai peur de savoir comment je vais retrouver la boutique"Quand l'affluence le permet, Éloïse Gonzales peint dans sa boutique. Ses illustrations décorent les mugs qu'elle vend et ont récemment donné naissance à un carnet de coloriage destiné aux enfants comme aux adultes. Une scène l'a particulièrement marquée. "Une maman a refusé de l'acheter pour sa fille. La petite a demandé si elle pouvait en avoir un en photo. Exceptionnellement, j'ai dit oui."
La suite la laisse sans voix. "La mère a pris tous les dessins en photo en précisant qu'elle les imprimerait." Elle évoque aussi des enfants qui renversent les objets exposés. "Je n'ose pas réagir, j'ai peur des conséquences."
"Mais il m'en faudra plus pour me faire arrêter"Depuis l'ouverture de sa boutique, la jeune entrepreneuse explique ne pas se verser de salaire, préférant réinvestir l'ensemble de ses revenus dans son commerce. "Je réinvestis tout dans de la décoration ou pour améliorer ma boutique. Je vois mes efforts être dégradés", regrette-t-elle. "J'ai peur de comment je vais retrouver la boutique, combien de temps cela va durer, jusqu'où cela va aller. Mais il m'en faudra plus pour me faire arrêter. J'en viens à me demander si ce n'est pas dirigé contre moi."
Face à ce qu'elle qualifie d'"acharnement", Éloïse Gonzales a publié plusieurs photos des dégradations sur les réseaux sociaux afin d'alerter les habitants. Le soir même, le maire de Foix, Jérôme Matéos, accompagné de plusieurs adjoints, est venu lui apporter son soutien. Selon la commerçante, les élus l'ont encouragée à signaler systématiquement les prochaines dégradations auprès de la mairie et des services de police.