Le 12 juillet 1906, l’innocence du capitaine Dreyfus était enfin reconnue par la Cour de cassation. Cent-vingt ans plus tard, le président Macron participe ce 12 juillet 2026 à la première journée de commémoration annuelle de cette décision de justice historique. Une bonne occasion de relire cet article signé par Mona Ozouf, en 1982, dans « le Nouvel Observateur ».
Photo d'archive prise en septembre 1899 du capitaine Alfred Dreyfus (G) à la sortie de son procès en révision à Rennes où il fut condamné de nouveau, avec circonstances atténuantes, puis gracié par le président Loubet. Il fallut attendre six ans avant que la peine réhabilitation de Dreyfus ne soit établie. - / AFP
Alfred Dreyfus est mort : une demi-ligne, dans les journaux de l’été 1935. Mais assez pour libérer chez Léon Blum un flot de souvenirs, qu'il confie à l’hebdomadaire « Marianne ». Sept « papiers » écrits, comme trente-cinq ans plus tôt « les Preuves » de Jaurès, « au hasard d’une existence surmenée », et qui n’ont pas une ride. Ils communiquent encore au lecteur de 1982 un sentiment d’allégresse et de pugnacité.
La raison de cette jeunesse intacte ? Le souci qu’a Blum de ne rien relire, de ne pas vérifier ; de laisser seulement remonter en lui les émotions de « l’Affaire ». Ce qu’il découvre, et nous aussi, c’est que la tonalité dominante de l’épreuve, malgré les procès perdus, les amis enfuis, malgré même …

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