Quand Peugeot a licencié le docteur Thilliez, trop appliqué pour la direction à respecter le Code du Travail et veiller sur la santé des ouvriers, c’est devenu « l’affaire médecine du travail », comme le racontait Mariella Righini, le 21 juin 1976, dans notre journal.
A l’usine Peugeot, à Sochaux (Doubs), dans les années 1970. En 1976, la pratique médicale du médecin du travail des usines Peugeot de Lille constituait « une entrave au développement de la production » selon la direction, qui l’a licencié. HANDOUT/AFP
« Mon rôle dans l’entreprise ne consiste pas à assurer une meilleure productivité de la main-d’œuvre mais à faire en sorte que les travailleurs puissent prendre leur retraite en bon état. » Pas spécialement subversif, le projet du docteur Alain Thilliez. Honnête mais pas palpitant, l’idéal crépusculaire que ce jeune médecin du travail conçoit pour les travailleurs des usines Peugeot de Lille. Il irait même, à première vue, dans le sens du poil si la direction de l’usine ne s’était pas brutalement hérissée contre lui. Jugeant que sa pratique médicale constitue « une entrave au développement de la production », elle a remercié le docteur de ses bons et loyaux mais un peu trop zélés services.
Ce n’est pas la première fois qu’on se débarrasse d’un médecin du travail « gênant », mais, fait imprévu, le docteur Thilliez ne s’est pas laissé faire. Son cas vient d’être largement débattu au Congrès national de la Médecine du Travail, qui s’est tenu du 9 au 12 juin à Lyon. Et ce qui n’aurait dû …

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