La saga autobiographique en six tomes de l’auteur des « Cahiers d’Esther » occupe la deuxième place de notre top 100 des meilleures BD du XXIᵉ siècle. Plus qu’une enfance chahutée, elle dépeint la naissance d’un artiste. Riad Sattouf est le parrain de l’édition 2026 du festival MOTS pour mots ce week-end.
Riad Sattouf, l’auteur de « l’Arabe du futur », à Paris, en novembre 2022. ADRIEN SELBERT/AGENCE VU-RIAD SATTOUF/ALLARY EDITIONS
Pour aller plus loin
Dans la dernière case du sixième et dernier tome de « l’Arabe du futur » (Allary Editions), Riad Sattouf annonce à son frère un projet : il va consacrer une bande dessinée à l’histoire à laquelle nous, lecteurs, avons assisté depuis le tome 1 (2014) – celle de son enfance bringuebalée entre la Libye, la Syrie et la France, celle de son père Abdel-Razak et de sa mère Clémentine. On songe évidemment au procédé du « Temps retrouvé » (1927), le dernier opus d’« A la recherche du temps perdu », où le narrateur comprend, en contemplant les pavés mal joints de l’hôtel particulier du prince de Guermantes, que sa vocation est de produire une grande œuvre littéraire à partir de ce à quoi il a assisté depuis le début. La boucle est bouclée.
L’analogie entre Proust et Sattouf pourrait sembler écrasante pour le second. Mais d’abord, la BD est un art immense, inventif et profond, qui n’a plus à baisser les yeux devant la littérature. Ensuite, il faut souligner que « l’Arabe du futur », comme « la Recherche », ne conte pas seulement l’hist…

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