La gratuité n’est pas un vain mot chez Jazz en Tech. Certes, les principaux concerts proposés sont payants, mais il y a aussi ceux offerts dans les rues de Céret durant les cinq jours du festival. Une autre manière...
La gratuité n’est pas un vain mot chez Jazz en Tech. Certes, les principaux concerts proposés sont payants, mais il y a aussi ceux offerts dans les rues de Céret durant les cinq jours du festival. Une autre manière d’enchanter la cité.
Sept propositions musicales se dévoileront le long des 4, 5, 6, 7 et 8 août pour les curieux qui n’ont pas encore osé franchir le pas des concerts payants*. Sept concerts, comme sept péchés capitaux dont nous ne conserverons que celui de la gourmandise pour toutes ces sucreries mélodiques. Quoique celui de la paresse soit souvent tentant.
L’Harmonie de Céret en ouverture des concerts de rue à Céret
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Tout d’abord, prenons l’antédiluvienne Harmonie du Vallespir de 1886, transformée et dépoussiérée en Harmonie de Céret en 2005, avec pour directeur artistique le saxophoniste Patrick Barrionuevo, qui entamera cette programmation en donnant la part belle aux formations autochtones. Cette Harmonie, qui ouvre ses partitions avec sa trentaine de musiciens le 4 août place Picasso à 18 h 00, a une approche du jazz d’une accessibilité exemplaire. Le lendemain, le quartet d’André Mallau se produira à 17 h 00 sur le boulevard Joffre ainsi que le 6 sur la place Picasso. Batteur et longtemps professeur au conservatoire de Perpignan dans cette discipline, son quartet improvisera sur des compos de Chick Corea et de Miles Davis.
Le batteur André Mallau, bien connu des mordus du rythme
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Karla Harris, qui chante en guest avec la formation d’Akpé Motion le 8 août, dévoilera une autre facette de son jeu les 5 et 6 août avec son quartet, qui l’accompagnera à la rentrée sur une tournée américaine, dans ses terres de prédilection pour cette originaire d’Atlanta, ville natale de Martin Luther King et donc à une certaine époque à la pointe pour la reconnaissance de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis. Toujours bon de le souligner fortement, surtout aujourd’hui.
Le clarinettiste Florin Gugulica et son quartet en concert le 7 août
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Une autre voix qui porte douceur et volupté dans des compositions aux arrangements d’une sobriété voulue, loin des performances de certains solistes onanistes, celle d’Isabelle Durel. Accompagnée avec élégance par Julien Lebart au piano et Francis Adam à la contrebasse, dans son Liza Jazz Trio, à découvrir le 7 août à 16 h 30 boulevard Joffre. Une heure après, un des enfants de Django, Florin Gugulica à la clarinette nomade, habitué de JET, revient nous servir tout le brassage de la musique tsigano-balkanique d’une enfance roumaine. La Vierge noire nous en préserve. Enfin, deux autres formations, le Gavin Hackett Quintet et le Triton 66 Quintet, revisiteront les grandes figures du jazz le 8 août, comme pour vous faire réviser les thèmes de ces vénérables artistes qui nous accompagnent depuis des décennies.
Liza Jazz Trio, boulevard Joffre à 16 h 30
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Précisons enfin qu’une performance musicale se tiendra dans les murs du musée d’Art moderne de Céret le 5 août à 11 h 00 autour de l’exposition sur l’artiste Picabia, fondateur du mouvement Dada. Alain Brunet, trompette, Olivier Roman-Garcia, guitare, et Pascal Bouterin, aux percussions, choisiront trois toiles de Picabia tout en improvisant sur ce qu’elles en appellent en eux. Dialoguer avec une toile sur des notes bleues, sûr que ce genre d’exercice aurait fait triper ce rastaquouère autoproclamé, hédoniste, oisif et touche-à-tout indolent qu’était Picabia. Un vrai jazzman qui s’ignorait en quelque sorte.