Les Belges devront profiter de la relative fraîcheur de dimanche et lundi. À partir de mardi, les températures s’envolent à nouveau. ...
Alors que les Belges se remettent à peine des épisodes de chaleur intense enregistrés à fin juin et mi-juillet, une nouvelle élévation des températures est attendue pour le milieu de la semaine prochaine. Selon les prévisions les plus raisonnables, la barre des 35 degrés devrait être atteinte dès jeudi en Campine. "Avant cela, on aura une temporisation ce dimanche avec le passage d'une perturbation qui n'apportera sans doute pas suffisamment de pluie pour atténuer la sécheresse que l'on connaît depuis quelques semaines, confie Pascal Mormal, météorologue à l'IRM. Ensuite, les actualisations des modèles météorologiques vont effectivement toutes dans la même direction au fur et à mesure que les prévisions s'affinent."
Comprenez, des "températures importantes" dès mardi. "Sur base du modèle européen, on parle effectivement de températures qui pourraient atteindre, dans le centre du pays, autour de 33 degrés jeudi mais si l'on regarde le modèle américain, on pourrait même être encore un peu plus haut (NDLR : 40 degrés) mais ce dernier est moins raisonnable que le modèle européen."
Canicule : le bilan s'alourdit en Belgique avec une surmortalité record depuis 2000Le quatrième épisode de chaleur depuis maiUn épisode de chaleur – un de plus – qui pourrait durer plusieurs jours. Peut-être une bonne partie de la première semaine du mois d'août. "Le modèle européen de référence prévoit que la chaleur pourrait se maintenir jusqu'au début du mois d'août. Jusqu'au 2-3 août. Mais au fur et à mesure qu'on s'éloigne dans le temps, les prévisions sont moins fiables. On n'est donc pas dans une fiabilité à 100 % mais certaines modélisations font état de chaleurs potentiellement supérieures à 30 degrés jusqu'à la moitié de la première semaine du mois d'août."
Ce serait donc le quatrième épisode de chaleur enregistré cette année après ceux rencontrés fin mai, fin juin et mi-juillet. "Il faut nuancer car, officiellement, selon les critères scientifiques (NDLR : 5 jours consécutifs à plus de 25 degrés à l'ombre, dont trois à plus de 30) qui définissent ce qu'est une vague de chaleur, nous n'avons connu qu'une seule vraie vague de chaleur (NDLR : en juin). Les autres sont considérés comme des périodes de chaleur intense. En juillet, on a par exemple connu cinq jours à plus de 25 degrés, mais seulement deux à plus de 30. Le troisième jour, on n'avait atteint que 29,9 degrés"
Heureusement, les températures nocturnes pourraient, comme il y a 15 jours, tourner autour des 20 degrés. "Ce qui reste chaud par rapport aux normales mais néanmoins plus raisonnable que les températures nocturnes observées en juin et qui avaient largement contribué à une forte hausse des décès, les corps ne parvenant pas à se rafraîchir et à récupérer durant les nuits chaudes."
Il n'en reste pas moins que le mois de juillet est très chaud et sec. "Du 1er juin (NDLR : date du début de l'été météorologique) au 22 juillet c'est la période la plus chaude jamais observée en Belgique et les prévisions des prochains jours restent sur cette lancée-là. Par le passé, on a déjà connu de telles successions d'épisodes de fortes chaleurs. Ce qui est inédit, c'est d'avoir de tels seuils de température sur des périodes aussi longues. Et effectivement, ça se commence à se greffer sur les sécheresses."
Canicule : s'adapter n'est plus une optionUn mois de juillet extrêmement secDepuis le 1er juillet, il est tombé 1,4 litre par mètre carré à la station de référence d'Uccle alors que la normale est de 76,9 litres. "Si on espère quelques pluies ce dimanche, elles ne seront pas de nature à combler le déficit. Il est très probable que le mois de juillet soit l'un des trois mois de juillet les plus secs jamais enregistrés. C'est très préoccupant car cela augmente fortement le risque d'incendies."
Vers un hiver rude ?
Eté étouffant, hiver méchant ? Il n'y a aucune preuve scientifique. ©cameriere ennioSelon l'adage, un été caniculaire est annonciateur d'un hiver rude. Doit-on craindre une fin d'année avec températures largement négatives ? "Honnêtement il n'y a pas de règle, indique Pascal Mormal. Il n'y a aucune preuve scientifique qui accrédite cela. Il y a même beaucoup de contre-exemples. Le seul exemple qui accrédite cette théorie, c'est en 1947 où là on avait un hiver très très froid, un des plus froids du XXe siècle et l'été suivant était un hiver très chaud. Mais cela ne s'est pas vraiment vérifié par la suite."
"Une absolue nécessité pour notre santé publique" : quel est l'effet de la végétation lors des vagues de chaleur ?Cette théorie, qui a parfois pu se révéler exacte dans les années 40-50-60, n'a plus vraiment lieu d'être aujourd'hui. "En fait c'était valable quand on ne parlait pas encore de réchauffement climatique. À l'époque, cette légende pouvait effectivement de temps à autre être correcte mais désormais, vu le poids tellement important du réchauffement climatique, on a des hivers qui sont de plus en plus doux et des étés qui pulvérisent les records."
Ces dernières années, les étés ont pratiquement tous été chauds voire très chauds. "Même 2021, qui a été très pluvieux, n'était pas un été frais. Depuis 2015, on a quasiment que des étés très très chauds mais pratiquement plus aucun hiver froid."
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