Le saviez-vous ? Avant de devenir l'une des figures les plus emblématiques de l'électro française, Kavinsky a multiplié bien de petits boulots, parmi lesquels, celui de conseiller clientèle.
Le monde de la musique pleure Kavinsky. Retrouvé mort à son domicile parisien le 28 juillet à l'âge de 50 ans, l'artiste laisse derrière lui une empreinte durable sur la scène électro française et internationale. Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte. Aucun élément suspect n'a été relevé par les premiers intervenants. Derrière le créateur du mythique Nightcall se cachait pourtant un parcours bien plus atypique qu'on ne l'imagine, marqué par des emplois modestes.
Une disparition qui bouleverseLa nouvelle a provoqué une vive émotion chez les amateurs de musique électronique. Les secours ont découvert le corps de Vincent Belorgey, alias Kavinsky, à son domicile du XVIIIe arrondissement de Paris. Selon les premières informations, un voisin, inquiet de ne plus le voir, a donné l'alerte. Une enquête est désormais en cours afin de déterminer précisément les circonstances de son décès.
Les derniers jours du musicien interpellent également. Selon une source policière, il se plaignait de maux de tête depuis plusieurs jours. La piste d'un accident vasculaire cérébral est actuellement envisagée, sans qu'aucune conclusion officielle n'ait encore été rendue. Dans l'attente des résultats de l'enquête, les hommages continuent d'affluer pour saluer celui dont Nightcall a marqué toute une génération.
Un artiste mystérieux devenu une référence mondialeBien avant de remplir les plus grandes salles, Kavinsky cultivait déjà un univers unique. Son personnage naît d'une fiction imaginée autour d'un adolescent victime d'un accident en Testarossa rouge en 1986. Devenu un zombie vêtu d'un teddy et de lunettes noires, il incarne ensuite l'identité artistique de Vincent Belorgey. Ce double fascinant lui permet aussi de rester à distance de la célébrité.
Le succès explose véritablement lorsque le réalisateur Nicolas Winding Refn choisit Nightcall pour ouvrir le film Drive. "Il a demandé à l'utiliser. J'ai dit oui tout de suite. J'étais tellement fan du mec", racontait-il. Quelques jours avant la sortie du long métrage, il découvre le résultat. "J'ai fait yes, le poing serré, comme un connard !", confiait-il avec humour. Ce morceau devient alors un phénomène international et propulse définitivement Kavinsky sur le devant de la scène.
Les débuts insoupçonnés de KavinskyAvant cette reconnaissance mondiale, Vincent Belorgey menait pourtant une vie bien éloignée des projecteurs. Il racontait volontiers avoir accumulé les petits emplois. "Mon père était chef des ventes pour des photocopieurs, ma mère anesthésiste. Et moi, j'ai enchaîné les petits boulots de merde", expliquait-il. Parmi eux figurait un poste de conseiller clientèle chez SFR. "Je venais en survêt chez SFR où j'étais conseiller clientèle. Je parlais aux gens tout en jouant aux jeux vidéo", se souvenait-il.
L'artiste, qui a presté aux JO de Paris, évoquait aussi d'autres expériences insolites, comme l'installation de peluches dans des magasins à Noël. Sa trajectoire prend un tournant grâce à son ami de lycée Quentin Dupieux, connu sous le nom de M. Oizo. En 2004, celui-ci lui offre un ordinateur équipé d'un logiciel de musique. Ce cadeau change sa vie. Fasciné par les années 1980, les jeux vidéo et les films de John Carpenter, il construit progressivement son identité musicale. Longtemps, il refuse de montrer son visage. "Je déteste voir ma gueule. C'est presque une phobie de savoir que l'on peut juger ta musique sur ton apparence", expliquait-il. Cette discrétion, alliée à un univers immédiatement reconnaissable, a finalement fait de Kavinsky l'une des signatures les plus marquantes de l'électro française.
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