Les vagues de chaleur successives et la sécheresse qui touchent actuellement la région Occitanie menacent les cultures de fruits et légumes, quand elles ne sont pas affectées par les incendies ravageurs. Face aux...
Les vagues de chaleur successives et la sécheresse qui touchent actuellement la région Occitanie menacent les cultures de fruits et légumes, quand elles ne sont pas affectées par les incendies ravageurs. Face aux pertes de production, les spécialistes du secteur appellent l’État à des aides d’urgence.
En plus de peser sur les organismes, les vagues de chaleur successives qui touchent le pays depuis la fin du mois de mai commencent à affecter sensiblement les cultures de fruits et légumes. En région, "les fortes températures ont provoqué des brûlures et des coups de chaud sur certains fruits", indique Delphine Crouzet, directrice générale de la fédération des fruits et légumes d’Occitanie. "La pomme souffre particulièrement, même s’il est difficile de faire un état des lieux à ce stade", précise-t-elle. "Les fruits les plus exposés au soleil brunissent et deviennent invendables, confirme Christine Valentin, présidente de la Chambre d’Agriculture de la Lozère. Les pommes deviennent des pommes de terre et les feuilles des arbres, qui apportent habituellement de l’ombre, ne jouent plus leur rôle car elles flétrissent."
Par ailleurs, à cause de la chaleur, "les plantes ont tendance à arrêter de pousser", ajoute Christine Valentin. "C’est le cas notamment des haricots, qui ne fleurissent pas, mais aussi des salades qui ne poussent pas comme elles devraient."
"Pour l’oignon doux des Cévennes, c’est dramatique"Et au problème de chaleur s’ajoute celui du manque d’eau. En effet, malgré les fortes pluies de cet hiver, "l’Hérault et la Cèze sont au plus bas, et la sécheresse menace de nombreuses cultures", alerte Delphine Crouzet. "Pour l’oignon doux des Cévennes, par exemple, c’est dramatique."
Constat similaire en Lozère, où "les niveaux d’eau baissent fortement", selon la présidente de la Chambre d’Agriculture. "La Colagne est en alerte renforcée, et dès la semaine prochaine ce devrait être également le cas pour le Bramont, avec par conséquent des restrictions d’irrigation pour les maraîchers et arboriculteurs, qui peuvent leur être fatales."
D’autant que de ce point de vue, la situation n’est pas près de s’améliorer. Car "si des orages accompagnés de pluie sont attendus en milieu de semaine prochaine, les sols très secs absorbent moins, et ne permettront pas à ces précipitations de recharger les nappes phréatiques", estime Patrick Marlière, consultant météo climat.
Un appel pour de dispositifs exceptionnelsDu côté des Pyrénées-Orientales, ravagés par des incendies dévastateurs qui ont brûlé près de 5 000 hectares en ce début d’été, la situation est encore plus critique. "Ce qui est arrivé est dramatique pour l’agriculture, déplore Delphine Crouzet. Un de nos adhérents a été fortement touché avec des impacts sur la logistique, l’organisation, le personnel, mais surtout une partie de ses cultures qui ont été directement touchées."
"Il y a effectivement des vergers qui ont brûlé, du côté de Bouleternère et de l’Ille-sur-Têt, confie Bruno Vila, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des P-O. Des amandiers, des oliviers ainsi que des vignes ont été ravagés par les flammes."
Mais malheureusement, ça n’est pas la seule conséquence de ces incendies. "Des systèmes d’irrigation ont brûlé, donc les productions ont été affectées par le manque d’eau, surtout avec les nuits à plus de 30 °C, ajoute Bruno Vila. Et lorsque la fumée des feux est passée sur les productions, les fruits ne sont plus commercialisables. Il y a aussi des serres qui ont brûlé, et des producteurs qui n’ont pas pu récolter car leurs champs n’étaient plus accessibles."
De retour sur leurs cultures depuis deux jours, les sinistrés s’attellent à remettre en place leur système d’irrigation et ramasser les productions qui peuvent encore être sauvées. Pour le reste, ils ne peuvent que constater les dégâts. Le président de la FDSEA 66 appelle désormais l’État à mettre en œuvre des dispositifs exceptionnels pour accompagner les producteurs les plus fortement touchés, et "notamment des jeunes qui ont tout perdu, car autrement, certains ne s’en sortiront pas".