L’agriculture du Lot-et-Garonne est fragilisée par la canicule, quelques mois après les tempêtes et les inondations. Les éleveurs sont fortement touchés, mais toutes les filières sont concernées. Assurant que la...
L’agriculture du Lot-et-Garonne est fragilisée par la canicule, quelques mois après les tempêtes et les inondations. Les éleveurs sont fortement touchés, mais toutes les filières sont concernées. Assurant que la situation est "à un point de bascule", la présidente de la chambre d’agriculture alerte le préfet. Elle demande un véritable plan Marshall pour survivre.
Après la tempête Nils et les inondations, la canicule. En six mois, le ciel est tombé sur la tête du Lot-et-Garonne, assommant des agriculteurs déjà meurtris par un sombre contexte économique et financier.
"Nous observons d’ores et déjà d’importantes brûlures sur les fruits et légumes de plein champ, se désole Karine Duc. Celles-ci généreront le déclassement de ces productions touchées et feront que certaines ne seront même pas récoltées. Le stress hydrique va impacter la production, y compris dans le secteur de la viticulture."
La présidente de la chambre d’agriculture annonce qu’une enquête a été lancée par ses services auprès de toutes les filières. "En moins de 24 heures, il en ressort que les éleveurs sont fortement touchés et de différentes manières : baisse de la production des prairies, dégradation de la qualité des fourrages, augmentation de la charge financière alimentaire pour 76 % d’entre eux, augmentation de la mortalité. Le stress thermique entraîne une baisse de la production (laitière, croissance, ponte, etc.)."
"Je crains que nous n’arrivions désormais à un point de bascule"En raison de la durée et surtout de l’intensité de cet épisode climatique, les rendements des cultures de printemps seront faibles. "Une situation catastrophique s’annonce également dans ce domaine." La sonnette d’alarme est tirée.
Elle alerte le préfet du Lot-et-Garonne "sur ces premiers signes très sévères et préoccupants." Si, reconnaît-elle, les pertes de récoltes ne sont pas précisément quantifiables, elles seront "conséquentes".
Dans la lettre ouverte adressée à Bruno André, elle rappelle, tableau à l’appui, que la santé économique des agriculteurs s’est fortement dégradée en quelques années.
"Nous nous rapprochons dangereusement d’une ferme lot-et-garonnaise avec 50 % d’agriculteurs en difficulté et 75 % qui n’en vivent plus. Je crains que nous n’arrivions désormais à un point de bascule."
Elle demande "un plan Marshall"La ministre de l’Agriculture a communiqué récemment une première série de mesures pour accompagner les agriculteurs face aux chaleurs extrêmes. L’accès aux ressources fourragères est par exemple facilité. "Notre agriculture n’a toutefois pas besoin d’une énième loi d’urgence agricole qui n’en porte que le nom", s’agace la présidente Duc.
Elle demande "un plan Marshall" pour le département. En plus des aides habituelles (prises en charge de cotisations MSA, dégrèvements de taxes foncières, dispositifs des pertes de récoltes), elle espère la mise en place en urgence "d’aides exceptionnelles de fort soutien à la trésorerie de nos exploitations agricoles".