Le Leem, principal lobby français de l'industrie pharmaceutique, a de nouveau alerté, ce jeudi 25 juin, contre le retard du pays en matière d'accès aux médicaments innovants.
Le Leem, principal lobby français de l'industrie pharmaceutique, a de nouveau alerté, ce jeudi 25 juin, contre le retard du pays en matière d'accès aux médicaments innovants.
À quelques mois des prochains débats budgétaires - et les derniers avant l'élection présidentielle - l'industrie pharmaceutique monte au créneau. Ce jeudi 25 juin, le Leem, principal lobby du secteur, a de nouveau alerté contre le retard de la France en matière d'accès des patients aux médicaments innovants.
"Le coût de l’inaction est immédiat: les innovations arrivent ailleurs en premier. Aujourd’hui, 60% des nouveaux médicaments sont accessibles et remboursables en France, contre 93% en Allemagne", déplore l'organisation.
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Et le délai d’accès atteint 520 jours en médiane, contre 56 jours outre‑Rhin. "Ces écarts s’expliquent par la longueur des négociations économiques et une reconnaissance insuffisante de la valeur de l’innovation", pointe le Leem.
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Le délai est toutefois bien plus court pour les médicaments bénéficiant d'une autorisation d'accès précoce en France: 72 jours en 2025.
La clause de sauvegarde pèse de plus en plus lourdIl faut dire que la France perd en attractivité tant du point de vue des prix qui sont négociés à un niveau trop bas selon les laboratoires, mais aussi sur le plan fiscal. Selon le Leem, le taux de prélèvement pour les entreprises pharmaceutiques s'élève à 60% du résultat d'exploitation.
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Les industriels s'agacent surtout d'une clause de sauvegarde de plus en plus lourde année après année. Pour rappel, il s'agit d'une somme à la charge des laboratoires dès lors que le chiffre d'affaires net global excède un certain seuil, appelé "montant M", voté dans le cadre des lois de financement de la Sécurité sociale. Ce mécanisme que les industriels considèrent comme une "taxe sur le chiffre d'affaires" permet à l'Assurance maladie de récupérer en effet une partie de l'argent lorsque les dépenses en médicaments augmentent plus vite que ce qui était prévu. Or ce montant M est fixé trop bas, ce qui rend le dépassement presque inévitable, déplorent les fabricants.

Stéphane Bancel, directeur général de Moderna - 22/06
Alors que celle-ci ne s'élevait qu'à 72 millions d'euros en 2019, elle est estimée à 1,8 milliard d'euros au titre de l'année 2025.
Seulement 20% des essais cliniques menés en EuropeSi la France est très souvent citée comme un "mauvais élève", l'Europe au sens large semble également à la traîne par rapport à la concurrence internationale.
"Alors que 63% des essais sont désormais réalisés en Asie, l’Europe n’en capte plus que 20%, signe d’un déplacement rapide des investissements. La capacité à initier rapidement les essais est devenue un critère déterminant d’attractivité", signale le Leem.
Lundi, la fédération européenne des industries pharmaceutiques (Efpia) a d'ailleurs publié une étude dans laquelle elle appelle les États-membres à investir davantage dans les médicaments innovants. Selon elle, "1 euro investi dans les médicaments innovants rapporte 5,67 euros à l'Europe", soit un gain net de 467%. À titre d'exemple, l'Europe consacre environ 1% de son PIB aux produits pharmaceutiques, contre 2% aux États-Unis et 1,8% en Chine".