Plongé dans la crise financière, le cyclisme héraultais s’inquiète pour son avenir.
Plongé dans la crise financière, le cyclisme héraultais s’inquiète pour son avenir.
"Avec la crise pétrolière actuelle, nous sommes coincés au niveau du budget. Nous cherchons des partenaires financiers. À mon niveau, je ne cache pas que je suis inquiet." Ces mots sont ceux de Perfecto Rodriguez, le président du Béziers Méditerranée Cyclisme (BMC). Et à eux seuls, ils en disent long sur la problématique qui touche de nombreux clubs de cyclisme amateur depuis maintenant plusieurs mois. Confrontées à des budgets de plus en plus difficiles à boucler et à une hausse importante des coûts de fonctionnement, liée en grande partie à la flambée du prix des carburants, plusieurs formations du département se retrouvent aujourd’hui en danger.
Des présidents inquietsUne situation critique qui concerne aussi bien les grosses structures, à l’image du BMC et de son équipe première en Nationale 2, que les clubs plus modestes, tout aussi impactés par cette crise. "Même pour les amateurs, faire quatre heures de trajet pour une course de quinze minutes, ce n’est pas forcément évident. S’ils n’ont pas de titre à jouer, beaucoup de coureurs font le choix de ne pas faire le déplacement. C’est un problème que l’on avait déjà, notamment avec les petites catégories, mais qui est forcément renforcé par le contexte actuel, confirme Juan Ferreira, président du comité départemental, pour qui l’avenir de la discipline passera notamment par une mutation profonde du calendrier. Je crois que l’une des pistes sur lesquelles nous devons travailler, c’est d’adapter nos championnats pour favoriser les courses locales, avant que les meilleurs coureurs ne se départagent ensuite au niveau régional. Nous devons trouver un système où tout le monde sera gagnant."
Faire face avec optimismeUne nécessité d’évoluer partagée par beaucoup d’acteurs majeurs du cyclisme héraultais. À la tête du Montpellier Métropole Cyclisme depuis plusieurs années, Jason Kaufmann subit lui aussi de plein fouet l’explosion des coûts de transport. "Cette hausse du prix des carburants, on la sent forcément au niveau du club. Quand on se déplace dans le sud de l’Espagne, comme cela a déjà été le cas cette saison, ce sont des compétitions qui nous coûtent plusieurs milliers d’euros, confie le président du club montpelliérain, sans pour autant céder à la sinistrose. La situation est parfois difficile, mais je ne veux pas être alarmant non plus. C’est clair que le carburant est une difficulté supplémentaire, mais c’est aussi à nous de suivre la transformation du modèle associatif et d’évoluer avec."
Virage à quitte ou doubleReste désormais à savoir si cette mutation permettra de redonner un second souffle aux pelotons locaux, ou si elle laissera au contraire les plus petites structures sur le bord de la route. La course contre la montre est lancée.