Accusé de violences par une ex-collaboratrice, le député de l’Eure a été suspendu par le Parti socialiste et empêché de participer à la primaire de l’espace social-démocrate. Il a annoncé saisir la juridiction des référés de la cour d’appel de Paris.
Publié le 23 septembre 2026 à 11h18 , mis à jour le 23 septembre 2026 à 13h32
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Le député socialiste Philippe Brun à l’Assemblée nationale, à Paris, le 16 septembre 2026. SIMON WOHLFAHRT/AFP
Philippe Brun définitivement privé de candidature. La justice a rejeté ce mercredi 23 septembre la demande du député de l’Eure d’être réintégré à la primaire de l’espace social-démocrate, selon un communiqué de presse du service des référés du tribunal judiciaire de Paris. Il a annoncé faire appel.
La juridiction des référés a aussi rejeté la demande de l’élu, qui contestait sa suspension conservatoire décidée par le bureau national du Parti socialiste (PS) après des accusations de violences portées par une ancienne collaboratrice.
La juridiction des référés rappelle toutefois « qu’elle ne saurait se prononcer sur la matérialité des faits objets du signalement » interne au PS. Le 16 septembre, Philippe Brun a été suspendu à titre conservatoire du parti, mais aussi de son groupe à l’Assemblée nationale et empêché de candidater à la primaire, en raison de ces accusations.
Les accusations portent sur trois registres : « le registre du harcèlement », celui « des violences physiques » et celui de « l’emploi familial », a précisé la direction du PS à l’AFP. Philippe Brun, qui avait obtenu ses parrainages, a accusé son parti d’avoir « instrumentalisé » un conflit qui l’oppose à une ancienne collaboratrice pour le « tuer politiquement ».
Pas de « violation flagrante » des statuts du PSLe tribunal a estimé que « la seule existence d’un différend au sein d’un parti politique, y compris dans le contexte d’une élection nationale, ne suffit pas à conférer [au tribunal, NDLR] le pouvoir de prendre en urgence des mesures conservatoires de nature à remettre en cause les décisions régulièrement prises par ce parti ».
Le service des référés ajoute que « la mesure conservatoire de suspension décidée à l’égard de M. Philippe Brun n’est pas constitutive d’un trouble manifestement illicite dès lors qu’aucune violation flagrante des statuts du Parti socialiste n’est caractérisée ». En effet, note le tribunal, un « mécanisme provisoire exceptionnel » permet de « suspendre un adhérent à titre conservatoire, dans l’attente d’une décision de la commission disciplinaire compétente, en cas d’urgence ou de nécessité ». C’est la procédure qui a été suivie, considère la justice.
Enfin, précise le tribunal dans son communiqué, il est également retenu « qu’aucune violation manifeste de la circulaire organisant les conditions de recevabilité des candidatures à la primaire n’est davantage établie, la suspension provisoire de la qualité d’adhérent excluant à l’évidence toute candidature à une fonction élective au nom du parti ».
Philippe Brun dénonce « un coup monté »En fin de matinée, Philippe Brun a réagi lors d’un point presse dans la rue, sans répondre ensuite aux questions des journalistes présents. Comme la veille sur son compte X, il a mentionné un article du « Canard enchaîné » qui affirme que l’appel de la plaignante à 23h50, juste avant la clôture des candidatures pour la primaire n’aurait jamais eu lieu. D’après l’hebdomadaire satirique, c’est la directrice de cabinet d’Olivier Faure, Sarah Kerrich, qui aurait appelé Johanna Rolland, qui assure l’intérim à la tête du PS. « Il s’agit d’un coup monté », a cinglé Philippe Brun, évoquant « une mesure stalinienne d’exécution » à propos de sa suspension.
Le 22 septembre au soir, sur BFMTV, le premier secrétaire a pourtant évoqué « des preuves suffisamment fortes apportées par la victime présumée ». Des propos « diffamants », a fustigé le député de l’Eure sur X. Devant la presse, il a été plus loin : « Il n’y a pas “d’affaire Brun”, il y a une affaire “Olivier Faure”. »
Il a ensuite annoncé saisir la juridiction des référés de la cour d’appel de Paris, « qui devra se prononcer en vertu de ces éléments nouveaux », redisant sa volonté d’être candidat à la primaire. « Je demande à Olivier Faure et Johanna Rolland de convoquer en urgence le bureau national du Parti socialiste pour dire ce qui s’est passé exactement », a-t-il conclu.
Par Service Actu (avec AFP)