Alors que le député de l’Eure a été mis à l’écart de la primaire social-démocrate, son rival Jérôme Guedj monte au créneau pour le défendre.
Le député du groupe Socialistes et apparentés Philippe Brun s’exprime devant les médias lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, à Paris, le 16 septembre 2026. SIMON WOHLFAHRT / AFP
Les premiers jour de campagne de la primaire de la gauche s’ouvre dans les tensions. Dimanche, au micro de Radio J, le député Jérôme Guedj, lui-même candidat à la primaire social-démocrate pour la présidentielle, a vivement réagi à l’éviction de son rival Philippe Brun. Qualifiant cette mise à l’écart d’« extrêmement violente », le parlementaire a pris la défense du député de l’Eure en dénonçant une décision prise par la direction du Parti socialiste « sans que lui-même ait été saisi ».
« Je ne trouve pas ça respectueux de la camaraderie qui pourrait exister », a déploré Jérôme Guedj, regrettant qu’une « voix » ne puisse pas s’exprimer dans le scrutin. Estimant que la direction du PS avait « été vite en besogne », il s’est également étonné que le parti n’ait pas agi plus tôt, alors que des « alertes » avaient été relayées par la presse dès le début de l’été. « Les instances et commissions concernées ont fait preuve de retard coupable », a-t-il jugé, faisant le parallèle avec l’affaire Julien Bayou -l’ancien secrétaire national d’EELV accusé de violences psychologiques avant d’être innocenté par la justice.
Accusations de harcèlement et violencesÀ l’origine de la tempête, la décision actée mercredi par la direction du PS de suspendre à titre conservatoire le député de 34 ans du parti ainsi que de son groupe à l’Assemblée nationale. En cause : les accusations d’une militante portant sur des « faits susceptibles de relever d’une caractérisation pénale ». Selon les précisions fournies par le parti à l’AFP, ces accusations concernent trois registres distincts : le harcèlement, les violences physiques et l’emploi familial (qui interdit à un parlementaire d’employer un conjoint ou un membre de sa famille).
Philippe Brun réclame sa réintégrationFace à cette éviction, la riposte s’organise du côté du député de l’Eure. Samedi, lors de la « Fête populaire » qu’il organisait à Léry, dans sa circonscription, Philippe Brun s’est directement adressé au patron du PS, Olivier Faure -lui aussi candidat à la primaire- pour réclamer sa réintégration dans le processus de départage prévu les 9-10 et 16-17 octobre. Souhaitant participer au premier débat télévisé prévu mercredi sur LCI, le parlementaire a fait valoir qu’il disposait de ses parrainages et que « rien ne justifie cette suspension ». Estimant que le bureau national du PS avait « été trompé », il a appelé l’ensemble des candidats à « sortir de l’ambiguïté » face à cet « arbitraire ».
Sur le plan juridique, ses avocats ont dénoncé un communiqué annonçant une décision « brutale », prise « dans la précipitation, sans qu’aucune procédure contradictoire ait été organisée ». Contestant fermement les faits reprochés, qui ciblent selon eux « une collaboratrice licenciée pour faute grave en juin 2026 », la défense du député a souligné qu’« aucune plainte pénale ne semble à ce jour avoir été déposée ». Ses avocats ont confirmé le dépôt prochain d’une plainte pour dénonciation calomnieuse et ont indiqué que le parlementaire n’excluait aucune procédure pour faire valoir sa voix dans la compétition.
Par Le Nouvel Obs avec AFP