Le rapprochement entre la NRL et la Super League se précise. Mais l’arrivée souhaitée des London Broncos en 2027 pourrait bouleverser le championnat anglais, jusqu’à remettre en question le format du Magic Weekend.
Le rapprochement entre la NRL et la Super League se précise. Mais l’arrivée souhaitée des London Broncos en 2027 pourrait bouleverser le championnat anglais, jusqu’à remettre en question le format du Magic Weekend.
Le rugby à XIII anglais est à un tournant. Les discussions entre la NRL et la Super League se poursuivent et avancent autour d’un accord qui verrait l’Australie investir massivement (35 millions d’euros) dans le championnat anglais pendant cinq ans, en échange d’une influence accrue sur son organisation et son développement. Peter V’Landys, désormais président exécutif de la NRL, assure que l’accord est proche. Mais un obstacle majeur demeure, celui de la présence des London Broncos en 2027. La NRL veut voir le club de la capitale intégrer la Super League dès la saison prochaine. Peu importe, semble-t-il, que le championnat passe à 15 équipes ou conserve son format à 14, pour les responsables australiens, Londres doit être là. Le problème est que le système actuel ne permet pas réellement de faire une place aux Broncos à 14. Leur classement IMG ne devrait pas leur permettre de prendre la place d’un club existant et aucun mécanisme ne prévoit aujourd’hui d’exclusion. La perspective d’une Super League à 15 équipes devient donc de plus en plus concrète. Et avec elle, surgit un premier casse-tête, le calendrier.
À lire aussi : Rugby à XIII : La Super League proche d’un accord avec la NRL pour un investissement de 35 millions d’euros
Le Magic Weekend menacé ?Le Magic Weekend mis en place en 2007 a connu un grand succès populaire en 2026 (77442 personnes sur les deux jours). Il serait directement et forcément impacté par l’arrivée d’une 15e formation. Les London Broncos auraient fait savoir qu’ils seraient prêts à ne pas participer à l’événement en 2027 s’ils rejoignent l’élite. Une concession qui semble simple, mais qui créerait une nouvelle inégalité. Avec 15 équipes disputant des matchs aller-retour, chacune bénéficierait normalement de deux journées sans rencontre. Si le Magic Weekend reste une journée supplémentaire, l’équipe qui n’y participe pas bénéficierait mécaniquement d’un troisième repos. Une autre formule est donc envisagée en intégrant le Magic Weekend au calendrier régulier. Sept clubs pourraient alors céder l’un de leurs matchs à domicile pour disputer leur rencontre lors de l’événement. Le principe existe déjà en NRL, où les clubs concernés sont compensés financièrement. Mais sa transposition en Angleterre serait délicate. Car le Magic Weekend doit une grande partie de son succès aux derbys. Demander à Wigan ou St-Helens, par exemple, de renoncer à recevoir leur rival serait autrement sensible que de céder une rencontre classique.
L’enjeu dépasse toutefois le seul championnat anglais. Peter V’Landys veut également développer massivement l’audience de la NRL en Grande-Bretagne. Même sans accord avec la Super League, l’Australien assure que la NRL poursuivra son offensive commerciale en Angleterre, notamment autour de son application Watch NRL. L’objectif est d’attirer de nouveaux abonnés et de générer des revenus audiovisuels supplémentaires. "Si nous n’obtenons pas la Super League, nous irons quand même en Angleterre pour promouvoir notre application Watch NRL", a déclaré cette semaine V’Landys. Le dirigeant australien se veut néanmoins optimiste sur les négociations. "Nous sommes proches de finaliser un accord", affirme-t-il, estimant que la NRL a désormais formulé sa meilleure offre : "La balle est désormais dans leur camp", rapporte le site "Love Rugby League."
Rappelons que la majorité des clubs de Super League serait favorable au projet. Mais derrière l’investissement financier se joue une question plus profonde. Jusqu’où le rugby anglais est-il prêt à laisser la NRL intervenir dans son organisation ? Londres, le format du championnat, le calendrier et le Magic Weekend pourraient être les premiers marqueurs de cette nouvelle ère. Si l’accord se concrétise, le rugby à XIII anglais pourrait entrer dès 2027 dans une transformation majeure.