À Montredon-des-Corbières, le fabricant de matériel vinicole la Socma continue d’innover malgré un marché en recul. Nouvelles machines, développement à l’export.. l’entreprise familiale cherche de nouveaux relais de...
À Montredon-des-Corbières, le fabricant de matériel vinicole la Socma continue d’innover malgré un marché en recul. Nouvelles machines, développement à l’export.. l’entreprise familiale cherche de nouveaux relais de croissance.
Elle s'appelle Niagara, comme les chutes. Et elle pourrait bien changer une vieille habitude : laver le raisin avant son entrée en cave. À Montredon-des-Corbières, près de Narbonne, la Socma, fabricant de matériel vinicole, en a déjà vendu cinq ou six. "Le principe est simple. Un important débit d'eau débarrasse les grappes des poussières, débris végétaux, baies sèches ou vertes, insectes, capuchons floraux et résidus de produits phytosanitaires. Avec les sécheresses et des raisins qui arrivent plus chargés en résidus, la machine trouve aussi une nouvelle utilité. Laver le raisin, ça prend tout son sens", explique Rémi Ferrandez, directeur commercial. Reste à convaincre. "Il faut faire naître l'idée dans la tête des vignerons." Dans les ateliers de cette entreprise familiale installée dans la ZAC (Zone d'aménagement concerté) du Castellas, une deuxième nouveauté est sortie ces derniers mois. La Socma a repris son système de tri automatique du raisin pour le rendre "bien plus compact, bien plus facile à nettoyer et moins cher." Une façon aussi de s'adapter à un marché à flux tendu, où l'on regarde désormais les investissements de très près.
Une histoire de familleCréée en 1987 par les parents des actuels dirigeants Sylvain et Rémi Ferrandez, la Socma (Société Occitane de Maintenance) a grandi avec les vignerons et leurs besoins. Son succès s'est notamment construit sur quelques machines devenues emblématiques. Comme le Turbopigeur, qui facilite le travail des vins rouges en cuve. Ou encore le Cube, un système de tri automatique du raisin. Des machines vendues à plusieurs milliers d'exemplaires dans le monde entier, simples, solides et facilement réparables. Née dans le quartier Croix Sud de Narbonne, l'entreprise est installée depuis 2020 à Montredon-des-Corbières, dans des locaux neufs de 3 600 m2 et compte une vingtaine de salariés. Mais après plusieurs années de croissance, la période est moins porteuse. "De 2020 à 2024, on a progressé. Depuis, l'activité s'est tassée. On enregistre une baisse de 20 % de notre CA. Et on a du mal à savoir si les chiffres qu'on a connus étaient vraiment un pic ou si c'est la conjoncture qui fait que les gens sont frileux à l'investissement."
Cap sur l'exportAlors, pour chercher de la croissance, la Socma regarde plus loin. L'export, historiquement autour de 20 % de l'activité, pourrait atteindre 25 % cette année. "Une personne dédiée spécialement à ce marché a été recrutée en fin d'année." Italie, États-Unis, Mexique... "petit à petit, on se crée un réseau qui s'élargit." Avec une philosophie, qui, elle, n'a pas changé. Concevoir ici et fabriquer sur place tout ce qui peut l'être. "On essaye de garder un maximum de compétences en interne." Une pièce à modifier peut ainsi être redessinée un après-midi, puis remontée sur la machine dès le lendemain matin. Des robots de soudure et de microbillage ont ainsi fait leur entrée dans l'atelier pour contenir les coûts. "Nous, on est des artisans dans un monde industriel."
Depuis quelque temps, la Socma regarde, doucement, au-delà de la vigne... sans perdre de vue son métier. Son savoir-faire dans le tri des produits a déjà été adapté aux dattes, aux asperges ou encore aux pommes. Une diversification qui reste pour l'instant marginale. "On veut garder cet ADN matériel vinicole, malgré le manque de visibilité. On est plutôt d'un tempérament optimiste", conclut Rémi Ferrandez.