Jean-Luc Navas, skipper professionnel installé aux Cluses, dans les Pyrénées-Orientales, vient de lancer son application "Marinelingua", un assistant doté d’intelligence artificielle capable de transcrire et traduire...
Jean-Luc Navas, skipper professionnel installé aux Cluses, dans les Pyrénées-Orientales, vient de lancer son application "Marinelingua", un assistant doté d’intelligence artificielle capable de transcrire et traduire en temps réel les communications radio des bateaux.
En mer, sur un bateau, quelques secondes peuvent parfois faire toute la différence lorsque le danger menace. Et lorsqu’un message VHF (very high frequency pour très haute fréquence, NDLR) arrive dans une langue étrangère, souvent dans la langue de Shakespeare, comprendre immédiatement ce qui se dit n’est pas toujours évident. C’est ce constat qui a poussé Jean-Luc Navas à se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Installé aux Cluses, le skipper professionnel développe depuis plusieurs mois "Marinelingua", un dispositif destiné à faciliter la compréhension des communications maritimes.
Entre la qualité parfois médiocre du signal, les accents et le vocabulaire maritime, la compréhension peut devenir délicate
"Ça fait très longtemps que j’ai ce constat sur la compréhension des messages VHF", explique celui qui navigue depuis près de trente ans. Professeur de voile à l’origine, il exerce aujourd’hui dans le convoyage de bateaux vers la Méditerranée. "J’ai navigué dans de nombreuses régions du monde, du canal de Panama au Pacifique, en passant par une grande partie de la Méditerranée… La VHF est un équipement essentiel à bord. Elle permet notamment de recevoir les bulletins météorologiques, de communiquer avec les autres navires ou les ports, mais aussi de contacter les services de secours en cas de problème."
Un dispositif destiné aux francophones.
L'Indépendant - MICHEL CLEMENTZ
Et, problème pour les frenchy ou, tout du moins, les francophones, les communications sont généralement effectuées en anglais, avant d’être éventuellement répétées dans la langue locale si l’on est à l’étranger. "La VHF, ça crachouille. Entre la qualité parfois médiocre du signal, les accents et le vocabulaire maritime, la compréhension peut devenir délicate. Vous rajoutez à ça une voix robotisée pour les bulletins météo et ça devient difficile à déchiffrer", explique Jean-Luc Navas.
Déjà des clientsAinsi, l’idée de "Marinelingua" est née en octobre dernier. Le Catalan s’est alors demandé s’il était possible de créer un système capable d’écouter les communications VHF, de les retranscrire puis de les traduire. "Le dispositif se branche sur le signal audio d’une VHF existante, sans intervenir dans son fonctionnement. L’audio est ensuite transmis à un système d’intelligence artificielle qui identifie la langue, retranscrit le message et le traduit. Le résultat apparaît sur une tablette via une application, en texte et, à terme, également en audio", détaille-t-il.
Jean-Luc Navas, skipper.
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À ce jour, le système est déjà capable de traduire plusieurs langues comme l’anglais, l’espagnol, l’italien, l’allemand, le portugais et même le catalan. Pour développer son projet, le skipper bénéficie de l’accompagnement de Vall’Up et du réseau French Tech Perpignan. Depuis quelques semaines, cela semble porter ses fruits puisque quatre premiers clients se sont déjà montrés intéressés. L’objectif est désormais de transformer "Marinelingua" en un produit industriel capable de trouver sa place à bord des bateaux.