Face au manque de médecins urgentistes et aux fermetures de plus en plus courantes des urgences du Pôle de santé du Villeneuvois, élus locaux et personnels de santé du Villeneuvois se sont mobilisés, ce mardi 13...
Face au manque de médecins urgentistes et aux fermetures de plus en plus courantes des urgences du Pôle de santé du Villeneuvois, élus locaux et personnels de santé du Villeneuvois se sont mobilisés, ce mardi 13 octobre, pour défendre l’hôpital de proximité.
Sur le parvis du Pôle de santé du Villeneuvois (PSV), ce mardi, il y avait un peu plus de monde qu’à l’accoutumée. Le syndicat CFDT avait, en effet, lancé un appel à la mobilisation pour protester contre les dernières régulations et les fermetures des urgences de l’hôpital de Villeneuve-sur-Lot. Médecins, personnels soignants et de nombreux élus locaux se sont rassemblés, en début d’après-midi, pour manifester leur colère et leur inquiétude face à cette situation particulièrement grave pour le Villeneuvois et toute la Vallée du Lot. "On ne lâchera rien parce que fermeture occasionnelle veut dire fermeture plus longue. On va bien faire bloc avec vous", a lancé Émeline Rey-Rinchet, députée de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne.
« Je ne pensais vivre ça en tant qu’élu »Sur le terrain, les personnels pointent avant tout le manque de médecins urgentistes. Dans sa prise de parole devant l’entrée du centre hospitalier, Jonathan Winterstein, infirmier aux urgences et délégué syndical CFDT, redoute les conséquences d’une fermeture, même temporaire, du service.
À lire aussi : Villeneuve-sur-Lot : les urgences du Pôle de santé du Villeneuvois régulées ce vendredi
« Qui dit fermeture d’un service d’urgence dit une augmentation des temps de trajet et des délais de prise en charge », alerte-t-il. Les patients devraient alors se tourner vers des établissements plus éloignés, comme Agen ou Bergerac, avec des conséquences potentiellement importantes en cas d’urgence vitale. "Je ne pensais vivre ça en tant qu’élu. Le fait qu’aux urgences de Villeneuve-sur-Lot, on ne puisse pas être soigné une nuit ou une journée, pour nous, élus, c’est inconcevable", a confié Guillaume Lepers, maire de Villeneuve-sur-Lot et président de l’agglomération du Grand Villeneuvois. "Le PSV ne rayonne pas sur le Grand Villeneuvois. C’est aussi Villeréal, les portes du Lot, les portes de la Dordogne. Comment imaginer une seconde qu’on va soigner à 45 minutes ou une heure de Villeneuve ? Ça veut dire que ce n’est plus une sortie, c’est la mort. " Guillaume Lepers ajoute qu’il a failli démissionner de son poste de président du conseil de surveillance du Pôle de santé du Villeneuvois. "Je ne l’ai pas fait parce que vous êtes nombreux dans l’hôpital à m’avoir dit : « ce n’est pas le moment de lâcher, ne lâchez pas »."
Les difficultés dépassent toutefois les seules urgences. Les professionnels hospitaliers évoquent aussi "les tensions d’accès à plusieurs spécialités, notamment la pédiatrie, la cardiologie, la rhumatologie et la dermatologie".
Au-delà des difficultés qui fragilisent le fonctionnement des urgences du PSV, c’est toute la question de l’accès aux soins en milieu rural qui est posée. Pour les élus mobilisés, l’enjeu dépasse largement les seules contraintes d’organisation ou de recrutement. Les personnels de santé réclament de meilleures conditions pour attirer et fidéliser les médecins, ainsi qu’une politique de santé plus équilibrée entre les territoires. Ils refusent que les habitants des communes rurales soient pénalisés par les difficultés du système de santé.
"Défendre nos urgences, c’est défendre l’avenir du Villeneuvois""La santé n’est pas un privilège, c’est un droit", a rappelé le syndicaliste CFDT. Nous ne sommes pas Bordeaux, nous ne sommes pas Toulouse, mais nous ne sommes pas non plus un territoire de seconde zone. Un territoire ne se résume pas à des chiffres, un hôpital ne se résume pas à des comptes et une vie humaine ne peut jamais être considérée comme une variable d’ajustement."
À lire aussi : Fermetures et régulation des urgences de l'hôpital de Villeneuve-sur-Lot : la CFDT appelle à la mobilisation, ce mardi 13 octobre
"On a eu le rendez-vous avec le cabinet de la ministre de la Santé, la semaine dernière, ajoute la députée. On leur a posé la question : est-ce qu’à Paris, quand un enfant, un parent, une personne vieillissante est malade de manière urgente, ils vont se faire soigner dans le département voisin ? Figurez-vous que non, en fait. Donc moi, je leur ai demandé pourquoi nous, en Lot-et-Garonne, on devrait accepter d’aller faire soigner nos enfants en urgence dans un autre département."
Devant l’assemblée, élus et personnels soignants ont promis de tout faire pour maintenir les urgences de Villeneuve-sur-Lot. Pour Jonathan Winterstein, "défendre nos urgences, c’est défendre l’accès aux soins, mais c’est aussi défendre l’avenir du Villeneuvois et de tous ceux qui y vivent".